Souvenirs de ma nouvelle vie, Marie Colot

souvenirs nouvelle vie Marie Colot1Titre : Souvenirs de ma nouvelle vie
Auteur : Marie Colot
Édition : Alice Deuzio
Genre : roman jeunesse
Année d’impression : 2013 + Fureur de Lire 2014
Nombre de pages : 156
Note personnelle : 9/10

Charlie est une jeune fille de bientôt 12 ans. Elle a vécu la pire des choses… La pire des choses, une souffrance que l’on découvre plus tard, plus loin, comme un aveu, comme un souffle, comme un poids en moins, comme une liberté, une vérité douloureuse et inavouée.

Comme elle est privée de liberté durant ces 2 mois de vacances d’été, mais comme elle est très intelligente, elle a trouvé une astuce pour s’évader de sa prison, son nouvel appartement qu’elle va apprivoiser jusqu’à rendre visite à chacun des nombreux habitants qui composent son immeuble de Bruxelles. Son nouveau chez elle, pour une nouvelle vie… Et comme elle a ses petits rituels, elle va photographier, lister, collectionner un petit bout de ses voisins pour immortaliser sa nouvelle vie.

Parmi ses nombreux voisins, elle va se lier d’amitié avec une dame d’une certain âge… personnage très particulier qui recolore sa vie et qui partage ses petits moments de douce folie.

Roman poignant pour jeunes adolescents, avec petites illustrations à chacun des chapitres, signées Rascal.

4ème de couverture

souvenirs nouvelle vie Marie Colot

Une trouvaille

En cherchant la lettre d’Yvan Pommaux, je suis tombée sur cette feuille, envoyée à l’occasion d’un concours lancé par les éditions Bayard, sur le thème de la forêt, pour un album jeunesse chez les tout petits.

Je le trouve tout mignon et je me dis qu’il serait dommage qu’il dorme davantage dans mon pc… si quelqu’un a envie de faire de petits dessins pour illustrer cette petite sorte de comptine… il est libre. J’aimerais juste voir le résultat et je souhaiterais le publier sur mon blog 😉 Je trouve qu’il serait parfait pour une histoire Kamishibaï !

1/
Petit écureuil est content.
Il devient grand.
Il est le dernier de la famille
A être encore dans le nid.
Sa maman est partie chercher à manger,
Le laissant tout seul dans le trou.
« Je m’en vais découvrir la forêt.
Moi aussi, j’ai faim », dit-il.

2/
Sur son chemin, il compte les arbres.
Il ne voudrait pas se perdre.
1, 2, 3, il fait encore quelques pas.
4, 5, il est déjà loin.
6. Il trouve une noisette.
Il s’arrête.
Il mange la noisette,
Et fait sa toilette.
Plus loin, il y a un étang,
Avec une famille de canards.
Petit écureuil va aller boire.

3/
Petit écureuil se retourne.
Il a entendu un bruit.
Il veut retrouver son nid,
Mais il ne sait pas où il est.
« Combien d’arbres ai-je passés ? »
Il ne s’en souvient plus.
« Flute, j’ai oublié ! »
Petit écureuil pleure.

4/
Un rouge-gorge passe par là.
« Pourquoi pleures-tu ? »,
Lui demande-t-il.
« Je ne sais pas compter.
J’ai oublié les arbres.
Où suis-je ? » dit-il.
« Je vais t’aider », répond l’oiseau.
Rappelle-toi qui tu as croisé.
Quel animal t’a dit bonjour ?

5/
« Avant d’arriver ici,
J’ai vu monsieur bouvreuil.
Il m’a fait un clin d’œil.
Il ne pouvait pas parler,
Car il avait rempli son gosier,
Pour ses petits affamés. »
« Très bien, ça fait 1.»
Dit le rouge-gorge.

6/
« Et après ? »
Demande-t-il.
« L’épervier m’a regardé.
J’ai eu peur.
Puis il m’a dit
Qu’il n’aimait pas les poils,
Mais qu’il préférait les plumes.
Je n’ai pas compris,
Et je suis parti. »
« Heureusement, il aurait pu te manger !
Ça fait 2. »

7/
Le rouge-gorge l’encourage.
« Très bien, continue. »
« Le pic noir m’a cassé les oreilles.
Il tambourinait fort.
Il était grand, très grand.
Et très beau aussi. »
« En effet, c’est un bel oiseau.
On peut l’entendre du fin fond des bois.
On en est à 3. »

8/
« Tu vas y arriver.
Tu ne dois plus être bien loin.
Tu reconnais le chemin ? »
Demande l’oiseau.
« Je me souviens de ce roitelet.
Il ne cesse donc jamais de gesticuler ? »
« Non, je ne crois pas.
Sais-tu qu’il est le plus petit oiseau ?
Il est petit, mais il est très vif !
Et de 4. »

9/
Le rouge-gorge l’aide encore un peu.
« Bravo ! Alors, c’est ta maison ? »
« Non ! Regarde ce groupe.
C’est celle des petites mésanges.
Qu’elles ont une longue queue ! »
« Oui, tu as raison, cet arbre est déjà habité.
Laissons ces demoiselles,
Et continuons notre chemin. »
« 5 ? » demande l’écureuil.
« C’est exact ! Tu sais bien compter. »

10/
Ils arrivent sur un autre arbre.
Personne ne semble y habiter.
Petit écureuil réfléchit.
Il fait le tour du tronc,
Monte et descend.
L’oiseau ne bouge pas.
Il l’observe et l’interroge.
« Et celui-ci ?
C’est le numéro 6. »

11/
En haut de l’arbre, il y a quelqu’un
Qui semble l’attendre.
« Maman ! »
Petit écureuil court dans ses bras.
Sa maman l’embrasse partout.
Même sur ses petites oreilles,
et jusqu’au bout de ses orteils.
« Six, c’est le bon.
Grand merci mon ami ! »
« À bientôt petit.
Et souviens-toi :
six arbres, d’ici à là-bas. »

La tige verte

Voilà mon petit animal inventé à l’occasion de mon jeu d’écriture n°2.

La tige verte

Bernard n’en revient pas ! Voilà des jours qu’il est là, à 4 pattes, à farfouiller le sol à la recherche d’un soi-disant animal hyper rare et la bestiole est là juste sous ses yeux, dans son propre jardin ! S’il avait connu l’histoire des enfants qui avaient été rétrécis, peut-être aurait-il directement cherché dans l’herbe de son jardin et gagné ainsi quatre jours, épargnant par la même occasion ses genoux en compote et ses yeux fatigués. Mais Bernard ne regarde jamais la télévision et s’interdit de lire un roman qui a été tiré d’un film.

Il est donc là, assis près de son jardin, ses fesses posées sur le bord de la dernière marche de l’escalier qui sépare l’entrée arrière de sa maison, par la cuisine, de son terrain de 6 mètres carrés. Avec une loupe, il scrute son gazon qu’il aurait dû tondre la semaine dernière. Hautes de 20 centimètres, les tiges vertes dansent au gré du vent léger qui souffle dans l’air.

– Des cheveux ! L’herbe, c’est sa tignasse !! Ce sont leurs tignasses ! dit Bernard en touchant ses cheveux hirsutes, bruns foncés, absolument pas coiffés ni coupés.

Bernard n’en revient pas ! Voilà des heures qu’il est là, à 4 pattes, à admirer le sol à sourire devant l’animal hyper rare… la bestiole en question, les bestioles sont là juste sous ses yeux, dans son propre jardin ! Chacun de ces minuscules animaux ont en effet des cheveux verts sur leur tête brune. Des tiges, des brindilles semblables à de l’herbe, tant par leur forme, que par leur couleur et même leur texture. Pas étonnant qu’ils passent inaperçus. Ils se confondent si bien dans le paysage que si ça se trouve, Bernard en a déjà écrasé quelques-uns… Il en est absolument sûr, ces animaux qui étaient classés dans la catégorie des raretés peut dès à présent sortir de la liste rouge des espèces menacées d’extinction. Bernard en est convaincu : tout le monde qui a un jardin doit abriter une dizaine si pas une centaine de ces petites créatures particulières.

L’homme sort son appareil photo de sa sacoche, choisi sur la roulette le menu « macro » afin d’immortaliser cette chose et la rendre ainsi moins inconnue aux yeux de tous. Dans sa tête, Bernard créé la fiche d’identification de l’animal :

« D’une taille dépassant rarement les 4 centimètres, il a le dessus de la tête verte comme de l’herbe, un visage de forme variable, mais de couleur unie, brune, sans oreille apparente. De petits tubercules informes peuvent servir de pattes antérieures, sans doigts ou griffes, l’animal est inoffensif. On ne le voit pas du premier coup, et je suppose que je le découvrirai si j’en prends un dans ma main, mais les pattes postérieures sont dissimulées dans la terre du jardin, sans doute comme autant de racines souples et agrippantes que celles des plantes envahissantes. »

Il en est là dans l’élaboration de sa fiche, quand il se rend compte que la mise au point de son appareil patauge… impossible de faire la netteté sur le visage, pour saisir les yeux noirs et brillants, le nez ridiculement petit ou la bouche souriante qui semble se moquer de lui.

« Cri ou chant inconnu, mais semble être douée d’une intelligence certaine. »

Avec son pouce et son index, Bernard simule une pince pour attraper un des sujets et l’observer de plus près afin de vérifier son hypothèse sur les pattes arrières et découvrir si l’animal peut être rangé chez les minis-mammifères ou plutôt, ce qui est fort probable, chez les insectes. Mais au moment où il veut en capturer un, ses doigts se referment sur une petite touffe d’herbe banale ! Il a beau se concentrer, viser, jeter ses doigts et pincer, chaque tentative se solde par un échec.

À quelques mètres de là, sa voisine l’observe d’un bien étrange air… mais Bernard ne la voit pas, il n’a d’yeux que pour ces bestioles qui commencent à lui courir sur le haricot ! Si au début, le petit jeu semblait amusant, jouer au chat et à la souris lui fait rapidement perdre patience.

Une idée horrible commencer à germer dans son esprit. Une idée qui le fait sourire, car il est presque sûr de gagner : la tondeuse viendra à bout de ces mauvaises herbes, qu’elles soient animales ou végétales, cette espèce ne fera plus de longues brindilles.

Et Bernard part dans un éclat de rire gras.

Textes d’autres participants :

Yvan Pommaux, auteur-illustrateur jeunesse

Yvan Pommaux, auteur-illustrateur jeunesse, né en 1946.

Yvan pommaux (2)J’ai découvert cet auteur assez « tardivement », début 2004 grâce au très bel album : Corbelle et Corbillo, cinq rêves, six farces et un voyage, un album qui regroupe 3 histoires d’un couple de corneilles déjà éditées auparavant entre 1979 et 1982. À cette époque, je suis littéralement tombée amoureuse de ces héros volatiles. Déjà, à ce moment-là, je ne vous cache pas que les corvidés me fascinaient de par leur comportement plus qu’intéressant. Alors, vous imaginez bien quand je lis ces histoires illustrées qui mettent en scène cette espèce d’oiseau d’habitude critiquée et mal-aimée, mon cœur ne pouvait rester insensible. De plus, un an environ avant la découverte de cet album, j’avais écrit ma toute première longue histoire d’oiseaux qui démarrait sur une observation de corneille ! Si j’avais déjà écrit de petites histoires, jamais il ne m’était venue à l’idée de « publier » ou d’essayer de faire éditer… J’ai donc « naturellement » écrit à cet auteur afin de savoir s’il pouvait lire ma nouvelle et me donner son avis en tant que spécialiste en écriture et en « corneille ». Je ne me souviens plus comment j’ai obtenu son adresse… toujours est-il qu’il m’a répondu très rapidement ! Même si c’était négatif (beaucoup de boulot, pas assez de temps déjà rien que pour lui, me conseille de plutôt m’adresser à un éditeur dont c’est le boulot de lire, critiquer les histoires, etc.), j’étais ravie du temps qu’il m’avait accordé simplement en m’écrivant de sa plume 🙂

J’ai toujours cette lettre, 13 ans plus tard ! Gardée bien au chaud dans son enveloppe d’origine, elle est toujours impeccable, on peut dire que je la considère un peu comme ma première dédicace !

À la bibliothèque, j’ai trouvé ce livre « Tout sur votre auteur préféré » (photo mystère de mon article). Vous pouvez retrouver l’intégrale de cette biographie sur le site de la maison d’édition L’école des Loisirs.

J’ai souri au démarrage de lecture : un échange de courriels entre l’auteur, Yvan Pommaux et Lucie Cauwe, journaliste spécialisée en littérature. Cette « interview » par internet a été fait en 2014, tout comme l’autre moitié de ce livret qui est consacré à une conversation entre l’auteur et Arthur Hubschmid, son éditeur à l’école des loisirs.

Je vous invite à retrouver cet auteur via sa maison d’édition (et tous les titres dont il est auteur-illustrateur depuis 1974)

et sur le site de Lucie Cauwe

Yvan pommaux (1)

Photo mystère spécial article sur un auteur

La réponse à la photo mystère de juillet était bien sûr « En toutes lettres » de Marie Colot. 

Livre dont j’avais écrit un petit avis en 2012 (clic sur le titre pour le relire ou le découvrir) et clic sur le nom de l’auteur pour visiter son site.

Pour ce mois d’août qui débute à peine, je vous propose d’essayer de trouver le sujet de mon prochain article avec l’image que voici. Cette photo est la couverture d’un livret particulier puisqu’il s’agit d’un petit livre entièrement consacré à un auteur jeunesse.

Il y a bien des années, en découvrant l’un de ses livres, j’avais eu l’idée de lui écrire afin de lui demander son avis sur un texte que j’avais écrit avant la lecture de son album… je vais voir si je retrouver son courrier 🙂

Lire à voix haute ou conter

Depuis longtemps, je souhaite suivre une formation de lecture à voix haute. Pour le moment, la seule qui me semble très complète est plutôt longue et je préfère choisir un stage plus court afin de pouvoir rester disponible rapidement pour mon futur employeur qui aurait envie de collaborer avec mon dynamisme, ma motivation et mes compétences 🙂

Aussi, quand j’ai découvert un week-end d’initiation du conte dans la bibliothèque de mon quartier, mon cœur a fait BOUM ! Et de pulsation en pulsation, j’ai écouté mon cœur et je me suis inscrite à cette petite formation. J’ai toujours aimé raconter des histoires à mes enfants, même quand ils n’étaient encore que des nourrissons. Quand ils ont grandi, ma fille, surtout elle, me demandait de lui raconter une histoire, mais que j’inventerais, sans support visuel, sans « aide », si ce n’est des mots ou des thèmes qu’elle aimait piocher dans le jeux de cartes que j’avais fabriqué pour que je puisse écrire des histoires personnalisées pour mes enfants. Et là, je me suis rendu compte que je perdais mes moyens, que je n’y arrivais pas, que je balbutiais… alors que je peux démarrer au quart de tour en écriture, à voix haute, en impro, je suis plutôt nulle… ou disons plutôt que je manque de confiance en moi dans ce domaine : parler devant un public m’a toujours mis le trouillomètre à zéro ! Pourtant, ce ne sont que mes enfants, ils ne sont que 2 et malgré ça, je redoutais leurs critiques.

J’ai donc continué à lire à voix haute, mais en lisant grâce à un livre (même un roman, en lisant un chapitre par soir, durant 15 jours, nous sommes parvenus à la fin avec tout au long de la lecture un plaisir non dissimulé), et mes enfants ont commencé à s’inventer des histoires sans support, entre eux, pour eux.

Je vais donc, grâce à ce week-end qui est déjà fort attendu, enfin pouvoir briser ce mur qui se dresse devant moi à chaque fois que je souhaite parler, transmettre, offrir des images, des voyages, des rêves. J’attends beaucoup de ces deux petits jours… et comme je suis à peu près nulle part dans ce domaine, je sais que je vais beaucoup apprendre et cela me réjouis de me former dans cette activité. L’animatrice, Chantal DEVILLEZ, est une professionnelle en la matière et j’ai hâte de faire sa connaissance 🙂