Elle

Elle, ce n’est pas mon amie. Ce n’est l’amie de personne. Pourtant, Elle s’invite chez bien des gens, sans leur demander leur avis ni leur approbation.
Généralement, on sait quand Elle est là. Même si Elle ne se voit pas, Elle se sent. Elle est toujours la gagnante au jeu « du chaud et du froid », Elle brûle souvent…
Elle est mal-aimée, quand Elle vient vers nous, ce n’est jamais avec plaisir qu’on la reçoit. Pourtant, Elle essaye de nous aider. À sa manière. Elle a un avantage sur nous, c’est qu’Elle voit l’ennemi arriver avant nous. Alors, pour nous aider, Elle nous colle, Elle s’immisce dans notre intérieur et se bat avec nous. Oui avec. Pas contre.
Quand Elle est avec nous, on la surveille. De près. De très, très près. Surtout en ce moment.
Parfois, la guerre qu’Elle combat est énorme. Alors, Elle travaille dur. Elle ne compte pas les heures de dur labeur. Nous, on l’aide alors comme on peut, avec nos moyens du bords. On essaye de l’éloigner, un peu ou beaucoup. En effet, quand Elle nous colle à la peau, qu’on a du mal à garder nos distances, alors on se sent mal… Plus sa présence est là, plus Elle « chauffe », plus on la rejette et on la combat, Elle. Parfois, ce combat, le nôtre, contre Elle, est nécessaire. A être trop dans la guerre, Elle ne se rend pas toujours compte de notre fragilité. Elle nous brûle à nous en rendre malade, à délirer complètement.
D’ailleurs, chez moi, c’est ainsi que je la devine. Cette amie-ennemie, chez moi, n’aime pas le jour. Je crois que beaucoup sont comme Elle. Elle arrive généralement le soir, de préférence durant la nuit. Ainsi, dans notre sommeil, on n’est pas sur nos gardes et Elle s’installe sans qu’on puisse l’éviter. Nos rêves se transforment en cauchemars, on délire complètement… et de fait, Elle est là. Pas besoin de la mesurer, de lire son âge ou de l’identifier avec ses degrés, notre corps la reconnaît sans hésitation.
Elle peut être mortelle, mais pour en arriver là, c’est que l’ennemi qu’Elle combat est plus fort.
Elle tue, mais jamais seule. Elle est alors Elle-même accompagnée d’un méchant, plus fort, plus résistant qu’Elle.

Fièvre. Nom féminin. Naissance : vie possible à partir d’une température corporelle de 38 degrés Celcius. Sa durée de vie est aléatoire. Elle se nourrit de virus, de mauvaises bactéries et d’autres maladies. Son job : aider notre corps à gagner des guerres infectieuses.
Si Elle n’engendre ni symptomes ni inconfort, il ne sert à rien de se battre contre Elle.

Le secret du Faucon, Tome 1, AD Martel

Cyrielle a dix-huit ans. Elle vit depuis six ans dans le Couvent de la Charité. Elle n’est encore qu’une novice quand le couvent est attaqué et entièrement brûlé par des pillards. Sauvée in-extrémis par un étrange guerrier, Cyrielle est « renvoyée » chez son oncle, le Comte de Montfaucon.  Mais elle n’est pas toute seule dans ce premier voyage, elle est accompagnée de deux sœurs âgées, ses chaperons comme elle les appellent.

Au château, rien ne va. Cyrielle qui a quitté ces lieux quand elle avait douze ans ne garde aucun souvenir de son enfance.

Entre son titre de noblesse et sa vie de religieuse, elle va devoir choisir.

Malgré les crimes, les secrets, les dangers et les mystères qui entourent sa nouvelle vie, Cyrielle va pouvoir compter sur certaines personnes de confiance. Celles-ci sont rares et ne sont pas toujours celles que l’on croit.

Entre aventures, horreurs, coups de théâtre et scènes de tendresse et d’amitié, Cyrielle va parfois devoir suivre des chemins pas toujours droits.

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Voici le deuxième roman de l’autrice. Même s’il est dans un tout autre registre que « Les larmes de Saël », je l’ai adoré ! A.D. Martel parvient à m’emmener rapidement dans son univers, ses univers, alors que rien ne me laisse penser que je vais accrocher à ces histoires. En effet, grâce à elle, je ne peux plus dire que je n’aime pas les histoires post-apocalyptiques, futuristes ou médiévales !

Jamais je n’aurais cru que j’allais un jour aimer une histoire de chevaliers. Bien sûr, la couverture et le titre m’ont séduite, je m’attendais à retrouver un animal que j’aime beaucoup : un faucon. Et je n’ai pas été déçue. Il n’y en a pas qu’un.

On rentre immédiatement dans le vif du sujet avec l’incendie du couvent dans les premières pages. On découvre petit à petit les personnages, le fil rouge, les lieux, les mystères. Grâce aux détails, je me suis très vite plongée à cette époque.

Ma fille qui a dévoré ce livre avant moi, me connaissant, m’avait prévenue : prépare tes mouchoirs, tu vas pleurer. Et… oui ! J’ai pleuré une fois, failli verser une deuxième fois des larmes, mais heureusement, ma fille m’a dit « lit et tu sauras » ha ! ha ! Rien que ça, je savais qu’il n’était pas mort…

Il y a pas mal de personnages, et ce livre est le premier tome. A la fin, on trouve des réponses mais d’autres questions arrivent et j’ai envie de connaître la suite ! Une écriture fluide, on sent que l’autrice en connaît un rayon en matière d’histoires, d’Histoire.

Question à l’autrice : il est passé où Anselme ? 😊

En mode… lecture

J’aime quand un livre m’emmène hors de ma vie.

Avec celui-ci, je fais un bond dans l’histoire. Dans un passé, avec une jeune fille de dix-huit ans, dans un château dans lequel il se passe d’étranges choses et avec des bonnes sœurs en guise de chaperons.

L’autrice, A.D. Martel, j’ai le grand plaisir de la connaître un peu. Ce qui est extraordinaire avec elle, c’est qu’elle parvient à me faire aimer – à me rendre dépendante – d’univers qui jusqu’ ici ne m’intéressaient pas trop.

Avec son 1er livre, Les Larmes de Saël, c’était dans un futur post-apocalyptique qu’elle m’a envoyée. Aujourd’hui, c’est l’époque Médiévale que je découvre !

Rien qu’avec la couverture et le titre, je lui ai dit que ça allait m’intéresser… sa plume est prenante, à tel point que j’en avais presque oublié d’attendre l’arrivée des oiseaux tant espéré 😆

Je lis en numérique et en papier. Même si je ne vois pas la couverture chaque fois que j’ouvre ma liseuse, j’aurais bien aimé l’avoir en couleurs ou avoir justement cette option qui me permette de regarder la couverture à chaque ouverture d’appareil.

Je ne vais pas tout dévoiler. Juste vous partager un moment de lecture qui m’a fait sourire. Ma fille de 14 ans a lu ce livre avant moi. Elle l’a littéralement dévoré en 2 jours ! Elle me demande ce matin où j’en suis dans l’histoire. On échange nos avis à propos des personnages. Je lui dit que j’aime bien le ménestrel, son humour, son caractère, son physique particulier (mais surtout les joutes verbales dans lesquelles il excelle) et là, elle me dit « moi, mon préféré, c’est le mercenaire barbare et sanguinaire » 😱

Bon, je vous laisse, car une histoire passionnante m’attends.

Ne pas mettre la charrue avant les bœufs !

Tout vient à point à qui sait attendre.

Petit à petit l’oiseau fait son nid.

Rien ne sert de courir, il faut savoir partir à temps.

Tout ça pour vous annoncer que la sortie de mon prochain recueil consacré à une délicieuse salade de contes, va être reportée.

J’ai voulu aller trop vite. J’aime écrire et inventer des histoires, mais je n’aime pas le job d’éditeur : corriger encore, couper, supprimer, déplacer des parties pour que l’ensemble soit plus cohérent.

Un conteur professionnel a lu toutes mes histoires et m’a donné quantité de conseils pour améliorer mon projet.

Je suis donc à la fois un peu démoralisée devant la montagne de travail encore à faire, et à la fois très heureuse, car il a aimé et même beaucoup apprécié certains contes.

Comme pour le précédent projet d’écriture, j’ai voulu tout abandonner. Tant pis, j’ai investi de l’argent dans ce projet, mais il y a trop de travail. Ça, c’est ce que je me suis dit au moins quatre ou cinq fois ce dernier mois. Mais qui m’oblige à sortir ce livre en avril ? Qui me force à faire vite ? La réponse est là : personne d’autre que moi !!

Alors, je prends sur moi, j’accepte toutes ces remarques qui sont justes, je ferme ma bouche, j’essuie mes larmes, je craque les articulations de mes doigts et hop ! Au boulot !

Je vais devoir sans doute supprimer deux textes, changer l’image que j’avais prévu pour la couverture, déplacer mes « explications » sur l’écriture de chacune de mes histoires, remplacer des mots trop familiers, enlever des parties superflues, etc.

Quant à l’idée de rajouter un nouveau conte, j’hésite encore. Mais pourquoi pas ? Comme aucun des autres écrits en novembre pour le challenge Nanowrimo ne me plait pas, peut-être que je vais en écrire un dans les semaines qui viennent.

Projet à suivre…

Deux contes japonais des éditions nobi nobi !

J’avais eu un coup de cœur pour l’album de Christelle Huet-Gomez, illustré par Ein Lee et paru aux éditions nobi nobi ! ( Le secret de la grue blanche)

Depuis, je cherche d’autres albums de la même collection : Soleil Flottant.

Et j’en ai trouvé deux dans ma bibliothèque de quartier : Le mot qui arrêta la guerre (Audrey Alwett & Ein Lee) et Kotori, le chant du moineau (Samantha Bailly & Shigatsuya)

Les illustrations de ces livres sont magnifiques, comme pour Le secret de la grue blanche, on retrouve pour l’un d’eux la même illustratrice.

Ces deux contes mettent en histoire l’opposition de sentiments et de comportements différents chez les gens. Le bon et le bien finissent toujours par remporter la bataille.

Dans « Le mot qui arrêta la guerre », ce sont deux frères qui vont mettre leur talent en action pour essayer de ne pas faire la guerre. Je retrouve le conte qui me fait vibrer, celui où il est question de plier 1000 grues en papier pour voir se réaliser un vœu ❤. L’origami est le talent du frère le plus âgé, qui a 16 ans, et qui est emmené sous bonne garde pour rejoindre les soldats du daimyô. L’autre talent, celui du plus jeune frère, c’est la calligraphie. L’un et l’autre, ensemble, vont aller jusqu’au bout de leur idée et réaliser ce qu’ils pensent le plus juste. Même s’il aura fallu 3 mots calligraphiés et le pliage de 1000 grues, les garçons ont réussi ! Ensemble.

Kotori, le chant du moineau nous raconte l’histoire d’un vieil homme qui vit dans la campagne japonaise. Un jour, il trouve un moineau blessé, par terre. Il décide de le ramener à la maison pour le soigner. Mais chez lui, son épouse est jalouse de cette arrivée. Aussi quand le moineau picore dans une fécule de riz que la femme avait mis dehors pour faire sécher, celle-ci n’hésite pas à couper la langue du pauvre oiseau. Heureusement, Yûujirô part aussitôt à sa recherche et après avoir dû boire de l’eau sale, il finit par retrouver la créature. Créature, car le moineau n’est autre qu’un esprit de la nature qui peut prendre l’apparence d’un humain. Et pour le remercier de l’avoir soigné, Kotori (qui signifie « petit oiseau ») l’invite à choisir entre 2 malles qui sont des cadeaux pour lui. Il ne peut en choisir qu’une et comme il est vieux et faible, il prend la plus petite. Malgré les trésors reçus, sa femme n’est pas contente et va chercher, de force, l’autre malle plus grande… Bien mal lui en a pris. Heureusement, tout est bien qui finit bien.

Pour moi, ce sont là deux contes qui atterrissent à nouveau directement dans mon cœur. Coup de cœur pour les histoires, mais aussi pour les dessins qui m’emportent sur les terres du Japon, avec une douce bise de magie et de poésie.

Créer une boîte à lire pour l’école

C’est avec plaisir que je vais aider mon fils dans l’un de ses gros devoirs pour l’école. Pour le cours de français (j’adore, lui n’aime pas). Ma fille qui a deux ans de plus que son frère avait déjà dû faire une boîte à lire pour l’école, l’année dernière.

Cette année, c’est au tour de mon fils. Comme il rencontre quelques difficultés dans la compréhension d’un livre et des informations qu’il faut en dégager pour faire cet exercice, j’ai décidé que j’allais l’aider, mais à ma façon.

Je ne peux pas faire tout à sa place (et je ne veux pas le faire), cela ne serait pas lui rendre service, j’ai décidé de prendre un livre dans ma PAL pour lequel je ne suis pas encore arrivée à dépasser la 25e page…

En effet, mon fils a dû choisir mi-septembre 6 livres qu’il allait lire parmi la liste en comportant une vingtaine. Il ne déteste pas lire, mais il préfère depuis des années lire des BD. Il a pourtant bien accroché à certaines fictions, mais ce n’est pas un dévoreur de romans comme sa sœur ou comme son père. Le livre qu’il doit lire pour ce travail ne lui plaît pas beaucoup. Sans pour autant le détester, il a du mal à avancer.

Pour ma part, j’ai choisi de lire Firmin, de Sam Savage. Il est dans ma PAL depuis des années ! A trois reprises, je l’ai commencé. A trois reprises, je l’ai refermé bien avant de l’avoir terminé. Bon, au final, j’ai réussi à aller jusqu’au bout et si je n’ai pas adoré, je ne suis pas déçue non plus.

J’ai choisi ma boîte que je vais customiser pour parler de ce livre, de mon livre. Je vais utiliser la feuille, recto-verso, de sa prof. de français et montrer à mon fils comment j’utilise le livre, les informations, l’histoire du livre, pour remplir ma mission 🙂

Au-préalable, je lui ai demandé d’insérer une page A4 pliée dans son livre afin qu’il prenne des notes au moment de la lecture, car il lit, mais il oublie très rapidement ce qu’il lit si cela ne le touche pas. Les descriptions des personnages, tant physique qu’au niveau du caractère ou du comportement, il a du mal à les saisir. Il en va de même pour le fil rouge de l’histoire ou un élément important. Il lit pour lire, mais il est rarement pris par l’histoire. Ce qu’il aime dans la lecture, c’est rire, se marrer. Malheureusement pour lui, la plupart des livres proposés dans la liste ne sont pas dans ce thème.

Voici mon matériel et les infos du devoir.

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Le plus difficile pour lui va être de donner envie aux autres élèves de lire le livre si lui ne l’a pas aimé.

Voilà mon travail… j’espère que cela pourra lui donner des idées. J’espère surtout qu’il a pris des notes, car il n’aura pas le temps de relire le livre une deuxième fois. Il doit rendre le travail pour tout début mars.

Voici ma boîte presque terminée, il me manque à coller mon propre résumé à l’arrière de la boîte.

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Bon, ben, on ne va pas débattre sur mes talents de dessinatrice ! J’ai pris plaisir à faire cette boîte, peut-être même plus que la lecture du livre  🙂 En tout cas, cela m’a donné envie de prolonger le plaisir de la lecture d’un livre, quand je l’ai terminé.