Sérendipité avec deux livres

Le week-end dernier, lors de la première partie de ma formation sur l’art du conte, j’ai appris un mot de vocabulaire jamais entendu : sérendipité.

La sérendipité est le fait de trouver quelque chose tout à fait par hasard alors qu’on cherchait autre chose.

J’ai donc trouvé ces deux livres tout à fait par hasard. J’étais dans un magasin de seconde main (voir troisième main) avec mon papa. Il cherchait une souris sans fil. Derrière le rayon en question, deux meubles remplis de livres… bien sûr, je suis toujours attirée par les livres, qu’ils soient neufs ou d’occasion, que je flâne dans une bibliothèque, chez un bouquiniste ou dans une librairie. Il y avait pourtant là pas mal de livres quand même : des romans, des bandes dessinées, des mangas, des documentaires. Et mon regard est tombé rapidement sur ces deux livres-ci. Pour 90 cents pour l’un et pour 1,90 euro pour l’autre, je n’ai pas hésité 🙂

J’ai un petit livre sur les fables de La Fontaine. En voici un plus grand, plus coloré. Vraiment plus grand, avec de belles illustrations.

Ce livre de Claudie Gallay, je ne l’ai pas encore lu. Et le résumé m’emballe ! Me parle. M’attire. Me donne envie…

On dirait nous, Didier Van Cauwelaert

on-dirait-nousDeux couples. Deux générations. Une histoire.

De l’amour, de la passion, de la science naturelle et de la réincarnation.

Un beau roman qui peut ne pas plaire à tout le monde, car il y  est en effet beaucoup questions de réincarnation, de transmission des âmes.

On s’attache à ces personnages, à ces deux couples que 50 à 60 ans séparent, mais dont beaucoup d’éléments rapprochent. Il y a la musique, l’amour, et la passion pour la vie. Il y a aussi le mystère, l’incertitude, la manipulation (psychologie humaine et végétale).

Et puis il y a la mort et comment on y pense, comment on l’a vit. Et ce qu’il y a après. Et comment. Et pourquoi.

Voilà, je n’ai pas fait un résumé du livre, car on en trouve plein sur Internet. Mais en parlant de cette histoire avec mon papa, je me suis rendu compte qu’il n’était pas si « simple » d’en parler avec des personnes qui sont très, trop, terre à terre 🙂

Voilà, un livre que je recommande pour des tas de raisons et que je vais prêter avec un autre livre dont je vous ai parlé ici : le cas Noah Zimmerman 😉

 

Extrait devinette

« …autoentreprise fondée sur la perception chlorophylienne, ces signaux électromagnétiques émis par les plantes d’appartement que je voulais à des systèmes d’alarme. »

Quel livre est-ce que je lis actuellement ?

Indice 1 : non ce n’est pas le livre dont la couverture est mise en bas à droite de mon blog 😊

Indice 2 : sur la couverture du livre de poche, on peut voir un couple de perruches vertes (j’ai oublié le nom précis de ces psittacidés)

Indice 3 : ce n’est pas ce sujet qui est l’histoire principale de ce roman, mais plutôt une histoire de réincarnation, d’amour, d’ethnie et de génération.

Le monde de Marcelo, Francisco Stork

monde de marceloTitre : Le monde de Marcelo
Auteur : Francisco X. Stork
Traductrice : Anne Krief

Marcelo a 17 ans. Il n’est pas un ado comme les autres. Il est atteint du syndrome d’Asperger, soit une forme d’autisme de haut niveau.

Depuis la maternelle, il suit sa scolarité dans un institut spécialisé : Paterson. Là-bas, il peut s’occuper des poneys et être lui-même sans crainte de jugement, de critiques ou d’insultes.

Les vacances d’été arrivent et il a prévu de faire un job d’étudiant à Paterson, pour s’occuper des chevaux, de l’écurie, des soins. Mais son père a d’autres projets pour lui. Pour son bien, il le force à travailler à son cabinet d’avocats. Le deal est simple : si Marcelo parvient à faire son travail correctement dans le monde réel, il pourra choisir où il voudra terminer sa scolarité. S’il réussit, il pourra la faire à Paterson, s’il échoue, il devra intégrer Oak Ridge Hight, une école « normale » où il devra travailler deux fois plus pour pouvoir suivre ce cursus traditionnel.

Marcelo réfléchit et il accepte le défi, à contre cœur.

Au service courrier, là où son père l’a affecté, Marcelo rencontre la belle Jasmine qui a tout juste trois ans de plus que lui. Dans ce service, au travail de son père, l’adolescent va être confronté à la dure réalité de la vie : les mensonges, les « jeux de mots » qu’il ne comprend pas toujours, la jalousie, la haine… Marcelo va vite apprendre à déchiffrer les expressions du visage, il va aussi découvrir de nouvelles émotions, éprouver de nouveaux sentiments.

Pour lui, la vie dans l’institut et la vie au travail est tout à fait différente. Mais toutes les difficultés qu’il rencontre vont le rendre plus fort encore. Il va devoir prendre des décisions, s’arrêter sur des choix, aller dans une direction plutôt que dans une autre.

 

Très beau roman pour adolescents… et pour les plus grands aussi, bien sûr ! Tout au long du livre, c’est Marcelo qui parle, mais Marcelo parle de lui souvent à la 3PS. On s’attache très vite à cet ado, bel homme, réfléchi, posé et musclé (sourire). Bien qu’il ai du mal à regarder dans les yeux quand il parle à quelqu’un, il est loin d’être idiot et tout au long du livre, on revient sur cette importance capitale : non, Marcelo n’est pas bête, il comprend juste de manière différente et il met un temps certain avant de pouvoir comprendre certains sens cachés des phrases qu’on lui balance comme ça en pleine figure, en pensant qu’il ne comprend quand même rien !

L’autisme est encore mal connu, en Belgique comme en France. Il a plusieurs formes d’autisme, à plusieurs « niveaux ». Le syndrome d’Asperger est une forme haute d’autisme, c’est-à-dire que les personnes atteintes de ce syndrome ne souffrent pas de déficience mentale ni de trouble ou retard de langage. Pour plus d’explications, clic ici.

Extrait :

« (…)

  • Je suis troublé.
    Je n’ai jamais été aussi troublé de ma vie. Tout est si compliqué, il y a tant de choses à prendre en considération. Mon cerveau n’est plus qu’un gros chewing-gum collant.

(…)

  • Je crois que je vais prendre mon après-midi. Ça t’ennuie de rentrer tout seul au bureau ?

Je suis très ennuyé de le dire, mais je le dis quand même.

  • Je ne crois pas être capable de retrouver mon chemin tout seul jusqu’au cabinet. 

(…)

Mais avant que je puisse répondre quoi que ce soit, Wendell me tourne le dos et sort de la salle.

(…)

Je marche la tête baissée, je fixe mes pieds qui avancent l’un après l’autre. Faire en sorte que mon cerveau s’arrête de réfléchir ne m’a jamais posé de problème. Mon cerveau ressemble à un robinet que l’on peut ouvrir et fermer à volonté. Sauf qu’en ce moment, je n’arrive pas à le fermer et l’eau coule à flots.

(…)

Je m’aperçois que je suis perdu. En fait, je savais que j’étais perdu quelques instants après avoir quitté le club. Seulement maintenant cela devient préoccupant : non seulement je je reconnais pas où je suis, mais les grands immeubles m’empêchent de voir la silhouette de celui du cabinet d’avocats, qui me sert de point de repère. »

 

Écoute mes lèvres, Jana Novotny Hunter

Titre : écoute mes lèvres
Auteur : Jana Novotny Hunter
Traductrice : Vanessa Rubio

ecoute mes levres_Jana Novotrny HunterCathy est sourde profonde depuis ses 5 ans ; séquelles d’une méningite fulgurante. Depuis cet âge, elle ne parle plus. Sa mère l’a « abandonnée » dans un institut pour sourds, pour son bien.

Aujourd’hui, Cathy a 17 ans et elle a choisi son sujet pour son débat pour l’institut : « Les sourds doivent s’intégrer dans le monde des entendants ». Ce sujet fait l’effet d’une bombe, car si la règle officielle de l’institut est que la communication totale est de mise, deux clans se sont toujours formés dans cette cité de sourds : les signeurs (ceux qui communiquent avec la langue des signes) et les oralistes (ceux qui savent lire sur les lèvres et qui parlent avec leur voix).

Cathy, en dernière année secondaire, va devoir affronter bien des difficultés et surmonter bien des peurs afin d’arriver à faire comprendre à sa meilleure amie qu’elle n’est pas une traitresse parce qu’elle veut retrouver sa voix.

Ce livre, écrit en 2005, aux USA, parle d’un problème que j’ignorais totalement. Je connais, de loin, ce monde du silence (mon tout premier flirt, en 1991, était avec un garçon sourd de naissance avec qui j’ai appris la dactylologie* et à signer certains mots ; puis vers 1994, j’ai eu dans ma classe, un camarade sourd avec qui j’ai beaucoup écrit durant une année, au sein de l’école. Mon papa est sourd d’une oreille depuis plus de 25 ans et, enfin, moi-même j’ai une baisse d’audition suite à mon syndrome de Ménière), mais je ne savais pas qu’au sein même de ce monde, il pouvait exister une telle incompréhension entre les signeurs et les oralisateurs !

L’histoire fait monter la tension, et pour le lecteur, il est très facile de pénétrer dans cet univers particulier, différent et difficile. On suit Cathy et sa meilleure amie, Bee. À la fin de l’année, après l’école, elles devront quitter l’institut et si pour toutes les deux, il est impensable de vivre en-dehors de l’institut, plusieurs éléments vont venir aider Cathy à se dépasser et à oser croire en une vie possible à l’extérieur.

J’ai beaucoup aimé ce livre jeunesse de 190 pages, à l’écriture plus grande que dans les livres de poche. J’ai beaucoup appris sur cette langue et je me demande si, chez nous, en Belgique ou en France, il existe encore cette différence de communication chez les personnes sourdes et malentendantes. Une réflexion qui me pousse à poursuivre l’un des projets que j’ai en tête depuis plusieurs semaines : conter en utilisant la communication totale, c’est-à-dire en oralisant ET en signant.

La langue des signes est arrivée dans ma vie grâce à un garçon et elle revient vers moi aujourd’hui. Pas plus tard que lors de ma dernière formation CAPS, éducation et communication pour la santé, cette langue a, à nouveau, titillé mon envie d’aider des personnes malentendantes. D’abord par une collègue de formation qui étudiait cette langue par curiosité, puis par une association, Surdimobile, qui est venue chez nous durant toute une journée pour nous présenter leur association et le monde des sourds. Après un peu de théorie et d’histoire, nous avons pu nous immerger dans cet univers grâce à un casque anti-bruit mis sur nos oreilles. Les animatrices nous disaient des phrases avec leurs lèvres, sans leur voix, et nous devions lire sur les lèvres et deviner ces phrases. J’ai été une bonne élève, car j’ai presque fait un sans faute ! J’ai été la seule et de loin, à avoir aussi bien réussi cette épreuve. Cela m’a permis de réaliser que je voulais continuer à apprendre cette langue…

Extrait du livre :

« (…) Seules dans le silence, sans amis pour nous aider, loin de la cité des sourds…

Je ne pourrais pas supporter de revivre le supplice que j’ai enduré à l’âge de cinq ans, ce serait trop pour moi.

– Les gens se moquent de nous quand on utilise notre voix, répond Bee en signant furieusement. Je ne suis pas oralisete, je ne parlerai jamais.

– Mais…

Elle a l’air vraiment en colère maintenant.

– Tu ne comprends pas, Cat ? Ou alors tu as oublié ? Les sourds qui essaient de parler sont des traîtres. Ce sont des sourds déguisés en entendants. Ils tournent le dos à la vraie langue de sourds. Les oralistes sont nos ennemis. »

 

* dactylolgie : alphabet qui fait correspondre à chaque lettre une forme de la main. Les sourds s’en servent pour épeler les noms propres, par exemple.

Le cas Noah Zimmerman, Sharon Guskin

Titre : Le cas Noah Zimmerman
Auteur : Sharon Guskin
Traducteur : Pascal Loubet
Édition : Calmann-Lévy
Genre : roman
Pages : 450
Année d’impression : 2016

noah zimmermanJanie, mère célibataire, doit se battre tous les jours pour élever son fils, Noah, 4 ans. En effet, celui-ci semble souffrir d’un bien étrange mal : il a une phobie de l’eau, il fait des cauchemars presque toutes les nuits et dit qu’il veut retourner dans sa maison rouge, revoir sa vraie maman. L’école maternelle dans laquelle il évolue soupçonne la mère de maltraitance parce que l’enfant finit par sentir mauvais ; il fait peur à ses camarades en donnant des explications sur les armes à feu et parle de Harry Potter alors qu’il n’a jamais lu les livres ni même vu les films à la télévision. Il est aussi incollable sur les reptiles et sait calculer des scores au base-ball, à quatre ans !

Janie doit jongler entre son travail et les visites chez les médecins qui lui coûtent les yeux de la tête. Elle est prête à accepter un terrible verdict quand elle rencontre le docteur Anderson, psychiatre spécialisé dans la réincarnation…

Un livre, un roman intéressant qui traite du sujet difficile de la réincarnation. On y croit ou pas. On espère ou pas. Chacun ses croyances et ses idées sur le thème. Ici, l’histoire est très bien tournée, car j’ai tout le temps eu envie d’en savoir un peu plus sur cet enfant étrange et malheureux.

Certains passages ont été pour moi un peu trop long, trop d’explications, trop de détails qui ne font pas avancer l’histoire. Les personnages principaux sont bien ficelés, on s’y attache facilement. Évidemment, je me suis prise d’affection pour Noah, pour son histoire, son passé et craint pour sa vie, mais j’ai particulièrement apprécié le personnage du médecin spécialiste qui est atteint d’une maladie, mais celle-ci ne se voit pas physiquement.

L’auteur remercie en fin de livre bon nombre de personnes qui l’ont aidé dans l’écriture de ce roman, et elle précise qu’elle s’est largement inspirée d’études réelles et de travaux sur ce sujet.

Ça laisse songeur et quand j’ai refermé ce livre, je me suis posée un tas de questions… matière à réflexion qui laisse un nuage de mystères planer encore au-dessus de ma tête 😊