Le monde de Marcelo, Francisco Stork

monde de marceloTitre : Le monde de Marcelo
Auteur : Francisco X. Stork
Traductrice : Anne Krief

Marcelo a 17 ans. Il n’est pas un ado comme les autres. Il est atteint du syndrome d’Asperger, soit une forme d’autisme de haut niveau.

Depuis la maternelle, il suit sa scolarité dans un institut spécialisé : Paterson. Là-bas, il peut s’occuper des poneys et être lui-même sans crainte de jugement, de critiques ou d’insultes.

Les vacances d’été arrivent et il a prévu de faire un job d’étudiant à Paterson, pour s’occuper des chevaux, de l’écurie, des soins. Mais son père a d’autres projets pour lui. Pour son bien, il le force à travailler à son cabinet d’avocats. Le deal est simple : si Marcelo parvient à faire son travail correctement dans le monde réel, il pourra choisir où il voudra terminer sa scolarité. S’il réussit, il pourra la faire à Paterson, s’il échoue, il devra intégrer Oak Ridge Hight, une école « normale » où il devra travailler deux fois plus pour pouvoir suivre ce cursus traditionnel.

Marcelo réfléchit et il accepte le défi, à contre cœur.

Au service courrier, là où son père l’a affecté, Marcelo rencontre la belle Jasmine qui a tout juste trois ans de plus que lui. Dans ce service, au travail de son père, l’adolescent va être confronté à la dure réalité de la vie : les mensonges, les « jeux de mots » qu’il ne comprend pas toujours, la jalousie, la haine… Marcelo va vite apprendre à déchiffrer les expressions du visage, il va aussi découvrir de nouvelles émotions, éprouver de nouveaux sentiments.

Pour lui, la vie dans l’institut et la vie au travail est tout à fait différente. Mais toutes les difficultés qu’il rencontre vont le rendre plus fort encore. Il va devoir prendre des décisions, s’arrêter sur des choix, aller dans une direction plutôt que dans une autre.

 

Très beau roman pour adolescents… et pour les plus grands aussi, bien sûr ! Tout au long du livre, c’est Marcelo qui parle, mais Marcelo parle de lui souvent à la 3PS. On s’attache très vite à cet ado, bel homme, réfléchi, posé et musclé (sourire). Bien qu’il ai du mal à regarder dans les yeux quand il parle à quelqu’un, il est loin d’être idiot et tout au long du livre, on revient sur cette importance capitale : non, Marcelo n’est pas bête, il comprend juste de manière différente et il met un temps certain avant de pouvoir comprendre certains sens cachés des phrases qu’on lui balance comme ça en pleine figure, en pensant qu’il ne comprend quand même rien !

L’autisme est encore mal connu, en Belgique comme en France. Il a plusieurs formes d’autisme, à plusieurs « niveaux ». Le syndrome d’Asperger est une forme haute d’autisme, c’est-à-dire que les personnes atteintes de ce syndrome ne souffrent pas de déficience mentale ni de trouble ou retard de langage. Pour plus d’explications, clic ici.

Extrait :

« (…)

  • Je suis troublé.
    Je n’ai jamais été aussi troublé de ma vie. Tout est si compliqué, il y a tant de choses à prendre en considération. Mon cerveau n’est plus qu’un gros chewing-gum collant.

(…)

  • Je crois que je vais prendre mon après-midi. Ça t’ennuie de rentrer tout seul au bureau ?

Je suis très ennuyé de le dire, mais je le dis quand même.

  • Je ne crois pas être capable de retrouver mon chemin tout seul jusqu’au cabinet. 

(…)

Mais avant que je puisse répondre quoi que ce soit, Wendell me tourne le dos et sort de la salle.

(…)

Je marche la tête baissée, je fixe mes pieds qui avancent l’un après l’autre. Faire en sorte que mon cerveau s’arrête de réfléchir ne m’a jamais posé de problème. Mon cerveau ressemble à un robinet que l’on peut ouvrir et fermer à volonté. Sauf qu’en ce moment, je n’arrive pas à le fermer et l’eau coule à flots.

(…)

Je m’aperçois que je suis perdu. En fait, je savais que j’étais perdu quelques instants après avoir quitté le club. Seulement maintenant cela devient préoccupant : non seulement je je reconnais pas où je suis, mais les grands immeubles m’empêchent de voir la silhouette de celui du cabinet d’avocats, qui me sert de point de repère. »

 

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Écoute mes lèvres, Jana Novotny Hunter

Titre : écoute mes lèvres
Auteur : Jana Novotny Hunter
Traductrice : Vanessa Rubio

ecoute mes levres_Jana Novotrny HunterCathy est sourde profonde depuis ses 5 ans ; séquelles d’une méningite fulgurante. Depuis cet âge, elle ne parle plus. Sa mère l’a « abandonnée » dans un institut pour sourds, pour son bien.

Aujourd’hui, Cathy a 17 ans et elle a choisi son sujet pour son débat pour l’institut : « Les sourds doivent s’intégrer dans le monde des entendants ». Ce sujet fait l’effet d’une bombe, car si la règle officielle de l’institut est que la communication totale est de mise, deux clans se sont toujours formés dans cette cité de sourds : les signeurs (ceux qui communiquent avec la langue des signes) et les oralistes (ceux qui savent lire sur les lèvres et qui parlent avec leur voix).

Cathy, en dernière année secondaire, va devoir affronter bien des difficultés et surmonter bien des peurs afin d’arriver à faire comprendre à sa meilleure amie qu’elle n’est pas une traitresse parce qu’elle veut retrouver sa voix.

Ce livre, écrit en 2005, aux USA, parle d’un problème que j’ignorais totalement. Je connais, de loin, ce monde du silence (mon tout premier flirt, en 1991, était avec un garçon sourd de naissance avec qui j’ai appris la dactylologie* et à signer certains mots ; puis vers 1994, j’ai eu dans ma classe, un camarade sourd avec qui j’ai beaucoup écrit durant une année, au sein de l’école. Mon papa est sourd d’une oreille depuis plus de 25 ans et, enfin, moi-même j’ai une baisse d’audition suite à mon syndrome de Ménière), mais je ne savais pas qu’au sein même de ce monde, il pouvait exister une telle incompréhension entre les signeurs et les oralisateurs !

L’histoire fait monter la tension, et pour le lecteur, il est très facile de pénétrer dans cet univers particulier, différent et difficile. On suit Cathy et sa meilleure amie, Bee. À la fin de l’année, après l’école, elles devront quitter l’institut et si pour toutes les deux, il est impensable de vivre en-dehors de l’institut, plusieurs éléments vont venir aider Cathy à se dépasser et à oser croire en une vie possible à l’extérieur.

J’ai beaucoup aimé ce livre jeunesse de 190 pages, à l’écriture plus grande que dans les livres de poche. J’ai beaucoup appris sur cette langue et je me demande si, chez nous, en Belgique ou en France, il existe encore cette différence de communication chez les personnes sourdes et malentendantes. Une réflexion qui me pousse à poursuivre l’un des projets que j’ai en tête depuis plusieurs semaines : conter en utilisant la communication totale, c’est-à-dire en oralisant ET en signant.

La langue des signes est arrivée dans ma vie grâce à un garçon et elle revient vers moi aujourd’hui. Pas plus tard que lors de ma dernière formation CAPS, éducation et communication pour la santé, cette langue a, à nouveau, titillé mon envie d’aider des personnes malentendantes. D’abord par une collègue de formation qui étudiait cette langue par curiosité, puis par une association, Surdimobile, qui est venue chez nous durant toute une journée pour nous présenter leur association et le monde des sourds. Après un peu de théorie et d’histoire, nous avons pu nous immerger dans cet univers grâce à un casque anti-bruit mis sur nos oreilles. Les animatrices nous disaient des phrases avec leurs lèvres, sans leur voix, et nous devions lire sur les lèvres et deviner ces phrases. J’ai été une bonne élève, car j’ai presque fait un sans faute ! J’ai été la seule et de loin, à avoir aussi bien réussi cette épreuve. Cela m’a permis de réaliser que je voulais continuer à apprendre cette langue…

Extrait du livre :

« (…) Seules dans le silence, sans amis pour nous aider, loin de la cité des sourds…

Je ne pourrais pas supporter de revivre le supplice que j’ai enduré à l’âge de cinq ans, ce serait trop pour moi.

– Les gens se moquent de nous quand on utilise notre voix, répond Bee en signant furieusement. Je ne suis pas oralisete, je ne parlerai jamais.

– Mais…

Elle a l’air vraiment en colère maintenant.

– Tu ne comprends pas, Cat ? Ou alors tu as oublié ? Les sourds qui essaient de parler sont des traîtres. Ce sont des sourds déguisés en entendants. Ils tournent le dos à la vraie langue de sourds. Les oralistes sont nos ennemis. »

 

* dactylolgie : alphabet qui fait correspondre à chaque lettre une forme de la main. Les sourds s’en servent pour épeler les noms propres, par exemple.

Le cas Noah Zimmerman, Sharon Guskin

Titre : Le cas Noah Zimmerman
Auteur : Sharon Guskin
Traducteur : Pascal Loubet
Édition : Calmann-Lévy
Genre : roman
Pages : 450
Année d’impression : 2016

noah zimmermanJanie, mère célibataire, doit se battre tous les jours pour élever son fils, Noah, 4 ans. En effet, celui-ci semble souffrir d’un bien étrange mal : il a une phobie de l’eau, il fait des cauchemars presque toutes les nuits et dit qu’il veut retourner dans sa maison rouge, revoir sa vraie maman. L’école maternelle dans laquelle il évolue soupçonne la mère de maltraitance parce que l’enfant finit par sentir mauvais ; il fait peur à ses camarades en donnant des explications sur les armes à feu et parle de Harry Potter alors qu’il n’a jamais lu les livres ni même vu les films à la télévision. Il est aussi incollable sur les reptiles et sait calculer des scores au base-ball, à quatre ans !

Janie doit jongler entre son travail et les visites chez les médecins qui lui coûtent les yeux de la tête. Elle est prête à accepter un terrible verdict quand elle rencontre le docteur Anderson, psychiatre spécialisé dans la réincarnation…

Un livre, un roman intéressant qui traite du sujet difficile de la réincarnation. On y croit ou pas. On espère ou pas. Chacun ses croyances et ses idées sur le thème. Ici, l’histoire est très bien tournée, car j’ai tout le temps eu envie d’en savoir un peu plus sur cet enfant étrange et malheureux.

Certains passages ont été pour moi un peu trop long, trop d’explications, trop de détails qui ne font pas avancer l’histoire. Les personnages principaux sont bien ficelés, on s’y attache facilement. Évidemment, je me suis prise d’affection pour Noah, pour son histoire, son passé et craint pour sa vie, mais j’ai particulièrement apprécié le personnage du médecin spécialiste qui est atteint d’une maladie, mais celle-ci ne se voit pas physiquement.

L’auteur remercie en fin de livre bon nombre de personnes qui l’ont aidé dans l’écriture de ce roman, et elle précise qu’elle s’est largement inspirée d’études réelles et de travaux sur ce sujet.

Ça laisse songeur et quand j’ai refermé ce livre, je me suis posée un tas de questions… matière à réflexion qui laisse un nuage de mystères planer encore au-dessus de ma tête 😊

Un roman qui parle d’écologie, de nature

Voici le nouveau livre que je lis : Une histoire des abeilles, de Maja Lunde.

une histoire des abeilles4ème de couverture :

Unes, et pourtant plusieurs. Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l’espoir du monde.

William, George, Tao… Chacun, à sa manière, nourrit avec ces incroyables insectes une relation privilégiée. Chacun, à son époque, rêve de changer l’avenir, d’offrir à ses enfants des lendemains meilleurs. D’inventer, de transmettre ce qu’il sait… ou croit savoir. Car les abeilles disparaissent, inéluctablement, et dans l’indifférence.

Victimes de notre espèce, elles en seront, peut-être, le salut…

« On aime ce roman visionnaire sur la relation de l’homme à la nature, qui parle aussi de transmission. »

« Trois romans en un, où se mêlent la problématique écologique et la question des rapports de générations au sein de la famille. Habilement pensé et agencé, ce tableau de l’avenir a de quoi glacer le sang. »

Extrait de livre à deviner

Cela fait un petit bout de temps que je n’ai plus posté un jeu sur les livres, photo de couverture mystère ou extrait à deviner.

Alors en voici un petit. J’ai changé le nom du personnage, car sinon ça serait trop facile à trouver. Ensuite, je vous donne l’indice : il ne faut pas croire que cet extrait est le sujet principal du livre, même si pour moi, il a tenu une belle place car c’est un passage que j’aime bien et qui m’a fait sourire. Second indice : il y a une suite à ce livre, qu’on peut lire indépendamment et un autre livre « du même genre » est sorti par la suite, mais dans un autre cadre, avec d’autres personnages… réponse le week-end prochain.

Bonne chance 🙂

  • L’avantage dans l’histoire, dit Patricia le lendemain matin, alors que le petit oiseau picorait allègrement le reste de thon, c’est que je n’aurai pas le temps de beaucoup m’attacher à toi ni de te donner un prénom ou ce genre de choses.

Le macareux voulut faire quelques pas, mais de nouveau tomba. Elle l’aida à se remettre debout.

  • Et tu peux faire le clown tant que tu veux, ça n’y changera rien, ajouta-t-elle, le petit oiseau lui répondant par un léger croassement.
  • Je sais. Quand tu iras mieux, je te libérerai et tu pourras alors t’envoler pour aller retrouver ton papa et ta maman, d’accord ? Promis juré.

Elle laissa échapper un soupir.

  • Je te dois au moins ça, tu sais. Parler à un macareux est un sacré pas en avant pour moi. Avant toi, je parlais au canapé, vois-tu.

Les crayons de couleurs, Jean-Gabriel Causse

Dernier roman du moment 🙂

Les crayons de couleurs, de Jean-Gabriel Causse.

4ème de couverture et résumé intérieur :

crayons de couleur, jean gabriel causse« ELLE, c’est Charlotte, aveugle de naissance et scientifique spécialiste de ces couelurs qu’elle n’a jamais vues.
LUI, c’est Arthur, employé dans une fabrique de crayons de couleur, aussi paumé que séduisant.
ENSEMBLE, ils vont tenter de rendre au ponde les couleurs qui ont disparu.

Du jour au lendemain, les couleurs disparaissent. Dans ce nouveau monde en noir et blanc, Arthur et Charlotte, un drôle de duo, se mettent en tête de sauver l’humanité de la dépression en partant à leur recherche  – et qui sait, le bonheur se cache peut-être quelque part sur leur chemin… »

Ce roman m’a tout de suite fait penser à un livre de Oui-Oui : Grisaille sur Miniville.

Même histoire de fond : les couleurs ont disparu dans notre vie, on voit tout en dégradés de gris, en noir et en blanc.

J’ai particulièrement aimé les descriptions scientifiques des couleurs par leur odeur, leur texture, leur son… Je m’attendais à une autre histoire, mais à quelle histoire exactement ? Je ne saurais le dire  😉

Bref, ce roman vite lu (les chapitres sont minis, on avance très vite dans le livre) vaut le détour. Dommage qu’on ne parle pas, dans le résumé, d’une petite fille, héroïne finalement de toute l’histoire.