Challenge Nano mi-parcours et réflexions

Nous voilà, déjà, à la mi-novembre. Le temps file, mais mes mots patinent. Au 17 novembre, j’en étais à 23.000 et des poussières, soit en-deça des 27 K que j’aurais dû atteindre à cette date.

Je viens de prendre la décision de ne pas m’auto-critiquer si je n’arrive pas au bout des 50 mille mots, car j’ai une idée bien précise de mon ouvrage une fois terminé.

À ce stade, il a presque la même quantité que mon dernier livre auto-publié « Démarrer au quart de tour », donc ce n’est déjà pas si mal. J’arrive bientôt au bout de la nouvelle que j’ai imaginée et il y a quelques jours, j’ai trouvé un superbe ouvrage pour déterminer, identifier les araignées dans mon pays : la Belgique.

En lisant l’introduction de cette nouvelle Clé de détermination photographique des principales araignées de Belgique, je suis encore plus motivée à faire aboutir ce projet docu-fiction pour essayer de faire « aimer », si pas aimer, tolérer, intéresser, ces petites bêtes à mes compatriotes. En effet, ce livre édité en 2018 est le premier qui existe pour identifier les araignées dans mon pays ! Les belges (mais pas qu’eux, j’en suis certaine) ont une peur démesurée des arachnides, un désintérêt total…

Voici des photos de couvertures de ce bel ouvrage 🙂

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Merci donc à Sébastien Renson et aux CNB (Cercles des Naturalistes de Belgique) pour ce livre aux superbes images et explications claires et simples.

Maître Corbeau (6 et fin)

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5

Maître Corbeau, on ne l’appelle pas Maître Corbeau pour rien, c’est un vrai maître, il maîtrise comme personne la vengeance ; il fait les meilleurs plats froids afin que la vengeance soit aussi bonne que grande. Il enrage intérieurement. Il est écœuré par ce qu’il se passe.

Le corbeau ne tarde pas à retrouver ses réflexes calculateurs. Dans sa tête de piaf, pas si petite que ça quand on sait tout ce qu’il peut mémoriser, un plan se dessine rapidement. Il enregistre les moments où il pourra s’évader, il sait déjà par où il pourra aller pour passer incognito. Il ne traîne pas, il ne veut plus être témoin de ces horribles scènes. Cela doit cesser au plus vite, mais sans mettre en danger l’enfant.

L’oiseau sait que l’enfant est intelligent, il a appris à lire tout seul, sans l’aide de personne. Il sait aussi qu’il est manipulé depuis tellement d’années. Au fond de lui, il devine que l’enfant, malgré son haut potentiel, aime ses parents d’une certaine manière. Corbeau se demande même s’il sait qu’il est interdit de prendre des photographies pareilles ?

La séance photo terminée, le coussin enlevé, Maître Corbeau en profite rapidement pour s’éclipser par la porte entr’ouverte, ni vu, ni connu.

Plusieurs heures s’écoulent…

Au crépuscule, cette femme qui n’aurait jamais dû enfanter, reçoit un appel téléphonique sur son portable. Numéro masqué, elle décroche sans se poser de questions. Mais de l’autre côté, elle n’entend rien, du moins pas une voix humaine. Comme un cliquetis, comme si on tape sur une table avec des ongles. Puis ça raccroche. Et ce petit scénario se reproduit six fois, exactement toutes les six minutes. Elle finit par ne plus décrocher et éteint carrément son téléphone. Réminiscence. Flash. Images d’enfance. Cauchemars, terreurs, angoisses. Petite, ses parents qu’elle considérait comme des héros, avaient été harcelés, houspillés, bousculés, et finalement lynchés. Ils avaient sois-disant commis l’irréparable sur les enfants des voisins. Elle avait toujours cru en leur innocence, ils avaient toujours été très gentils avec elle. Les problèmes de ses parents avaient commencés avec des appels téléphoniques anonymes tard le soir, se prolongeant dans la nuit…

Le lendemain matin, d’une main tremblante, elle rallume son téléphone. 66 appels en absence. Elle compose à la hâte le numéro de son mari. Elle doit s’y reprendre à plusieurs reprises tant elle tremble. Il ne répond pas, mais elle laisse un message lui demandant de revenir au plus vite. Puis, elle éteint à nouveau son téléphone. Et elle attend.

Vers les dix heures, elle entend le facteur qui met du courrier dans la boîte aux lettres. Elle va vite chercher ces lettres, se forçant à penser à autre chose. Quand elle passe la porte d’entrée, elle trouve une longue plume noire, indemne, toute belle, toute lisse. Frissons. Dans sa boîte aux lettres, une souris morte gît les viscères à l’air. Nausées. L’unique lettre est une facture. Soupir. Retour à la maison. A la cuisine, sur la table, une lettre anonyme écrite avec des mots coupés dans un journal. N’ose pas lire. Panique. Hystérie. Hurlements. Elle s’enferme dans sa chambre, oubliant son enfant, bouchant ses oreilles, la tête sous son oreiller, les volets fermés, les yeux inondés, le corps convulsé.

Dehors, sur l’unique arbre du jardin, un rassemblement d’oiseaux noir se pose dans les branches dénudées du noisetier. On ne peut les compter, ils sont bien trop nombreux. Tellement que certains se posent sur le toit de la maison, d’autres sur la terrasse, ils sont partout. Silence. Puis un premier oiseau essaye de s’agripper sur le rebord de fenêtre de la chambre du garçon. Tic Tac fait son bec sur le plastique opaque. Acharnement. C’est Maître corbeau qui redonne la vue à la fenêtre. Il arrache une partie du plastique, assez pour permettre au petit ange de regarder la vie dehors. Sourire ! Grand sourire ! Applaudissements.

Les grands corbeaux, les amis, la famille du Maître, attendent le signal. Puis, façon film, souvenir à Harry Potter, ils jettent des centaines de lettres anonymes, toutes identiques, dans la cheminée, sous la porte d’entrée, entre les fenêtres qui pourtant sont fermées.

Ils arrivent en même temps. Le père et les flics. Doutes. Espoir pour le petit bonhomme ? Voisins ahuris. Personne n’en revient. Personne n’y croit. Tous ces oiseaux, toutes ces lettres, toute cette vérité qui éclate au grand jour. Liberté. Larmes de bonheur chez le petit. Voisins révoltés. Enfant libéré, parents condamnés, mère suicidée.

« Maître Corbeau, sur un noisetier perché,
Tenait en son bec la vérité.
Maître Loïc, par la liberté alléchée,
Lui tint à peu près ce discours enflammé:
« Hé ! salut, Monsieur du Co
rbeau… »

Et c’est ainsi que le jeune Loïc remercia Maître Corbeau, lui promettant d’écrire une autre fable, digne de son action héroïque.

Maître Corbeau (4)

Partie 1
Partie 2
Partie 3

C’est sa mère ! FLASH ! Ce parfum fleuri qu’il aimait tant sentir dans son cou, puis qu’il allait comparer avec les vraies roses du jardin. Les fragrances étaient si proches, et dès qu’il sentait l’odeur d’une rose planer, il pensait à sa mère ! Des images le percutent doucement, un sentiment d’amour, de sécurité l’enveloppe aussitôt. Il ne réfléchit plus trop à sa condition, même si il reste tant de questions qui se bousculent dans sa tête. Pourquoi ne vient-elle que maintenant ? Que veut-elle ? Est-ce l’homme, son père, qui l’envoie ? Est-il blessé ou malade pour qu’il rompe dans ces habitudes ?

Corbeau penche la tête et rentre son cou dans les épaules. Il n’ose pas avancer , sortir de sa cachette pour ne pas trahir sa présence. Il attend que le petit homme parle et réponde à cette femme qui, rien que par le fait de sa seule présence, lui donne la chair de poule. Et Dieu des Corvidés sait combien les corbeaux détestent les poules, c’est peu dire l’effet que cette personne fait sur lui.

Pourtant, cette dernière ne fait aucun geste brusque. Elle n’a rien dans les mains prouvant une maltraitance quelconque. Tout est dans l’intonation de sa voix :

– Alors, m’chou, tu as perdu ta petite langue ? Lui demande-t-elle d’une voix à la fois mielleuse et intrigante.

La voix de l’enfant est aiguë et remplie d’hésitations. Ses yeux ne s’arrêtent pas sur le visage de la femme qui est là, juste devant lui, toujours debout près de la porte d’entrée. Il respire encore un peu le parfum qui flotte toujours dans la pièce, hoche de la tête et chuchote un « maman ? ».

– Oh ! Quelle mémoire tu as mon ange ! Oui, c’est moi, maman. Cela fait si longtemps… Mais comprends-tu, à cause de tes allergies, j’ai dû voyager beaucoup pour trouver un médecin qui…

La suite, le petit ange n’entend plus. Des explications, des excuses, des paroles dites sans la moindre pensée, des mensonges qui s’embellissent, toujours plus gros qui sentent la manipulation à des kilomètres à la ronde. Et l’odeur de cette influence raye immédiatement celle de la rose. L’espoir minime qui est né quelques secondes plus tôt, se volatilise aussitôt. Il pensait qu’elle était là pour l’aider, pour le faire sortir de cette prison, mais non, elle est comme lui. Peut-être même que c’est elle qui a eu l’idée de le garder à l’intérieur de cette pièce, et d’inventer toutes des histoires aussi tordues les unes que les autres pour lui faire croire qu’il était fragile, malade, et que c’était pour son bien qu’ils l’enfermaient et qu’ils faisaient toutes ces choses avec lui.

Le petit ange est très intelligent. Il se demande d’ailleurs de qui il tient ça, mais en y réfléchissant un peu, il se dit que son père ou sa mère doit l’être aussi pour avoir imaginé cette vie pour lui sans que cela n’éveille le moindre soupçon.

Corbeau est déstabilisé lui aussi. Voilà cinq bonnes minutes qu’il est là, sous le lit, et il a pu sentir la peur, l’espoir, l’amour, la haine, la tristesse et la colère sortir par tous les pores de la peau du petit homme. Il roule ses yeux, secoue pas trop fort sa tête histoire d’essayer de remettre ses idées en place, et ouvre grand ses pavillons auditifs.

– Toujours est-il mon ange que me voici enfin avec toi. Papa est parti pour deux jours, donc c’est moi qui m’occuperai de toi. Aujourd’hui est un jour spécial, celui de nos retrouvailles. Tu peux me demander ce que tu veux, dans la mesure du possible bien sûr, je ne suis pas magicienne. Si tu veux manger un plat particulier, ou de nouveaux habits, ou même un jouet, je te l’offre de bon cœur. Je te laisse réfléchir à ça et je reviens tantôt pour la séance photo. Le thème du jour est la plage, ça va être chouette, non ? Le cri des mouettes, la chaleur du soleil, la crème sur le corps… Allez, à tantôt m’chou… Et n’oublie pas, ce que tu veux, lance-t-elle sans se retourner, en refermant la porte à clé.

Monsieur Rouge-gorge a froid

– Papa, tu as vu ? Il neige ! Il neige pour Noël ! Ça, c’est la fête.- Oui, fiston, j’ai vu. Si tu veux, on peut faire un petit bonhomme de neige !

–  Oh oui, chouette alors ! »

 Alors que Pierre s’apprête pour sortir, un petit oiseau brun et orange se pose sur la table du jardin et, de ses petits yeux, regarde sur la table et par terre s’il n’y a rien à se mettre dans le bec. Dehors, il fait froid et les flocons de neige tombent et fondent sur le petit corps de l’oiseau.

– Tu es prêt, Pierre ? Je t’attends

– Oui mais, papa, tu as vu à la fenêtre ? Un Rougegorge. Il a l’air d’être malade, il ne bouge pas beaucoup.

– Oui, en effet, il a certainement froid…et peut-être aussi faim ! Tu veux l’aider ou tu préfères ton bonhomme de neige ?

– Je veux l’aider, papa ! Dis je peux ?

– Bien sûr ! Tiens, demande à maman si elle a quelques graines pour les oiseaux. Elle doit sûrement avoir fait des provisions en pensant à eux, à présent que le froid est là.

Petit Pierre revient bien vite, les mains remplies de graines et autres boules de graisse. 

– Et maintenant, qu’est-ce que je fais ?

– Tu vas déposer quelques graines par terre, tout doucement. Lentement, pour ne pas l’effrayer. Moi, je vais accrocher les boules de graisse.

Le petit oiseau ne bouge pas d’une plume, frigorifié. Il regarde attentivement la nourriture qu’on lui offre. Les graines rebondissent à terre. La porte se ferme et le petit oiseau, réchauffé à l’idée qu’il va manger, a le regard plus vif.

Après que l’enfant soit rentré, le Rougegorge bouge une, puis les deux pattes. Trois petits bonds et le voilà à terre picorant les premières graines, puis s’envolant sur la boule de graisse.

Sans le faire exprès, petit Pierre a jeté les graines tout près de la grille d’évacuation pour le sèche linge. La vapeur chaude réchauffe par la même occasion le Rougegorge. La chaleur et la nourriture étant là, il retrouve bien vite toutes ses forces.Un sourire immense illumine le visage du petit garçon.

– Joyeux Noël à toi aussi, monsieur Rougegorge.

Pour le remercier de sa bonté, l’oiseau ouvre le bec et lui chante une douce mélodie.

Toute la famille observe avec plaisir ce petit volatile et les oreilles se laissent aller au gré de cette musique si naturelle, si pure.

Et pour le plaisir des yeux, une autre petite photo 🙂

Les escargots se cachent pour dormir

Dès que le soleil se déguise en brouillard, ou qu’il joue à cache-cache avec les nuages, les escargots ne sortent plus de leur maison qu’ils ont sur leur dos.

— Hélas, on voudrait bien dormir, mais on est tout le temps réveillés par :

un cheval qui court pas mal,

une mouette qui n’arrête pas de faire la fête,

un goéland qui joue avec le vent,

un goéladolescent qui se prend pour la star du moment,

une coccinelle qui veut se montrer comme elle est belle,

un rayon de soleil qui nous réchauffe les antennes,

et un autre escargot, complètement sot, qui se prend pour un yoyo.

Nous, quand il fait froid, on veut dormir et ne faire que ça !

Comme eux deux, ces amoureux

On s’en fout des paysages, on a le mal du voyage

On n’aime que la plage et ses coquillages,le sable,

et ses merveilleux grains admirables.

Je ne veux pas être l’unique

à dormir sur une branche qui pique.

À plusieurs, c’est vraiment plus comique !