Des photos pour le dire

Trois petites photos et quelques mots pour parler de la pluie et des saisons…

Photos du parc au château du Sartay, le week-end dernier. (avec smartphone)

Mots et inspiration venus dans le château, dimanche matin, à l’occasion d’une formation sur l’art du conte.

Mise en page faite le lundi sur mon ordi, au salon 😆 Comme ça, vous savez tout.

Formation : l’art du conte

Deuxième jour de ma formation d’initiation à l’art du conte avec Stéphane Van Hoecke.

Hier : les zygomatiques et les abdos ont bien travaillés. Présentations, échauffement des vocalises, jeux de voix et d’expression au programme.

Cadre génial (château), animateur en super grande forme et groupe extraordinaire.

Dans un précédent article, je vous avais dit que je voulais travailler sur un conte particulier… ça sera pour une prochaine fois, car il est long. Mais ce n’est pas la raison principale de mon changement de choix.

Cette nuit, réveil pour assouvir un besoin naturel et habituel. Chez moi, je réveille nos chatons quand je me lève à cette heure : 3h30. Ici, au château, dans cette formation, c’est mon imagination que je réveille 😆

Je me répétais les 3 contes que j’avais en-tête :

  • un très court sur un renard et un tigre,
  • un moyen sur la découverte du sirop d’érable
  • et le long sur la légende de la grue blanche.

À 4h44, je n’invente rien, j’ai une idée ! Je décide de me lever pour de bon, j’allume la lumière de ma chambre et je prends mon carnet et mon bic.

5h35, je pose mon bic. J’ai choisi d’adapter librement le plus court des 3 contes, en version plus longue, en intégrant des éléments de la formation et en le mettant au goût du jour.

C’est ce conte que je vais essayer de conter tout à l’heure.

Le renard et le loup

Il y aura encore un autre week-end consacré à cette formation. Vous aurez mon conte revisité dans 4 à 5 semaines environ.

Mise à jour à 19h :

Il n’y a pas de hasard ni de coïncidence, mais que des signes ! Le matin, après le petit cours théorique sur les différents genres d’histoires, je ne le sens pas prête pour raconter ce que j’ai écrit cette nuit, car ce n’est pas tout à fait un conte. Alors, quand viens le moment de se lancer, une autre personne souhaite prendre la parole.

Ne voilà-t-il pas qu’elle nous conte l’histoire de … la grue blanche !! D’abord jalouse et triste que je ne puisse pas travailler sur ce conte, je me dis qu’après, c’est formidable ! Non seulement, elle a bien conté, mais elle a choisi une autre version, et ça donnait très bien. Donc mon admiration a pris le dessus de la jalousie… même si après, je n’ai plus du tout eu envie de le travailler pour cette formation. Cela me donne en effet envie de corriger mon histoire pour l’adapter en version orale.

3 mots et abracadabra, une histoire arriva ! Explications.

Voici mon texte et mes 3 mots choisis au hasard de ce qui me « parlait » le plus au moment où j’ai décidé de jouer à mon jeu 🙂

Je ne vous mets pas toute l’histoire, car elle n’est pas encore finie et elle a déjà trois pages sur libre office !

Comment est-ce que j’écris et comment les idées me viennent-elles ?

Mardi après-midi, j’ai choisi les mots : couleur, bottes et lapin. J’ai entouré ces mots dans ma liste. Le soir, j’ai commencé par écrire dans mon carnet ces trois mots et j’ai essayé d’en faire une phrase, un titre, bref quelque chose de « cohérent ». Cela m’a donné :

Les bottes du lapin coloré.
Les bottes de couleur du lapin.
Bottes perdues / décolorées.
Lapin a perdu ses couleurs, il les cherchent dans des/ses bottes.
Bottes magiques/couleurs = actions/lapin cherche ces bottes uniques.

Puis j’ai écrit ce qui me passait par la tête avec l’une de ces combinaisons :

Un lapin est devenu blanc de frayeur, il a entendu dire que des bottes spéciales pouvaient lui redonner ses couleurs = quête.
Pâle comme la mort, le père lapin ne peut compter que sur son fils cadet pour espérer retrouver ses/des couleurs et en même temps recouvrer une santé de fer.
Ce ne sera pas facile pour le petit lapin.

Puis, la vie de maman et d’épouse m’a absorbé… ce n’est qu’au moment de me coucher que j’ai eu d’autres idées que j’ai notées dans mon smartphone.
Le mercredi matin, je retranscrivais à la main les notes du téléphone dans mon carnet.

J’avais noté qui était le héros. Sa quêtes. Ses péripéties. Son ennemi. Son ami. Ses difficultés. Un objet magique ou une aide magique.

–> J’avais mon idée, mon histoire, mon fil rouge.

Avant de partir pour conduire mes enfants à l’école, je décide de prendre mes notes, mon ordinateur et mon téléphone pour aller petit-déjeuner dans un café, avant de faire les courses. No comment sur le contenu hyper-sucré que je me suis enfilée ha ! ha!

petit dejeuner inspirant

J’étais prête, motivée, j’avais des idées, je voulais vite les écrire et faire naître un début d’histoire. La voici… en partie  🙂

3 mots tirés de mes contes « souvenirs »

couleur – bottes – lapin

Il était une fois un lapin. Un papa lapin. Un père lapin tout ce qu’il y a de plus normal. Il avait treize enfants. Treize enfants nés le même jour ! Pas exceptionnel chez cette espèce animale, mais quand même remarquable, car les treize étaient en pleine santé. Tous, sauf un. Le troisième des garçons. Il était presque au milieu de toute la fratrie : le septième. Il n’était pas malade, mais il ne grandissait pas beaucoup, ne prenait que difficilement du poids. Il avait froid en été et chaud en hiver. Il n’aimait pas les jeux qui lui demandait beaucoup d’énergie. Il aimait les activités calmes, surtout celles-ci se passaient non loin de sa maman.

La vie n’était pas tous les jours un long fleuve tranquille. Treize marmots à nourrir, dont il faut s’occuper jour et nuit, nuit et jour… ça en fait un sacré boulot. Surtout pour la mère. Mais dans cette famille, le père jouait un rôle important. Il n’aidait pas dans le ménage, il n’aidait pas en cuisine. Non. Il nettoyait et faisait à manger parce qu’il aimait ça ! Tout comme s’occuper de ses enfants. Naturel. Tâches faites avec plaisir et envie.

Un jour, alors que le papa lapin travaillait au jardin, grignotant une rangée de carottes orange pour leur donner la même taille, pour pas qu’il y ait de jaloux chez ses enfants, il vit non loin de leur terrier la silhouette des oreilles du Grand Dévoreur : Maître Renard ! Vite, il recracha ce qu’il avait en bouche et poussa un formidable hurlement pour prévenir sa femme et leurs treize enfants. Quand il ne vit aucun mouvement dans le terrier, il prit peur. Vraiment peur. Très très peur ! Terrorisé à l’idée de perdre ses précieux enfants et sa chère femme, ses grandes et hautes oreilles tombèrent et il perdit toute couleur. Comprenez-moi bien, papa lapin était tout gris. Pas gris souris, mais plutôt bleu-gris. C’est d’ailleurs cette teinte particulière qui avait fait fondre le cœur de sa femme quand ils s’étaient rencontrés pour la première fois dans le champ, non loin de la forêt bleue. Et là, il était devenu tout blanc, pâle comme la mort.

Papa lapin avait une voix de ténor. Vous savez cette voix grave et puissante qui peut s’entendre à des kilomètres à la ronde. Aussi, quand il a crié « au renard », le renard-même eut peur et pris ses quatre pattes à son cou pour s’enfuir en toute hâte.

Devant son terrier, papa lapin priait le dieu des lapins pour que sa femme et aucun de ses enfants ne soient là. Il dut marcher longtemps, tourner plusieurs fois dans son labyrinthe de terrier, pour trouver sa femme et sept de ses enfants dans la dernière cavité de leur terrier adoré ! C’était leur cachette en cas d’alerte. Au moindre danger, au premier cri grave et puissant du papa, ils avaient pour consigne de tout s’y cacher.

Quand papa lapin fit le compte de ses enfants et vit qu’il en manqua six, il tomba dans les pommes.

Quelques instants plus tard, une éternité pour les parents, les six enfants manquant apparurent un à un, sortant de leurs nouvelles cachettes. Inspirés par le conte du loup et des sept chevreaux, ils s’étaient dissimulés l’un derrière l’horloge, l’autre dans une armoire, un troisième dans un pouf riquiqui, une quatrième et cinquième derrière la porte de la cuisine et le dernier s’était accroché au lustre qui pendait au plafond et qui tanguait encore quand il avait bondi à terre pour rejoindre ses frères et sœurs.

Heureuse que tout le monde soit saint et sauf, maman lapin gronda gentiment les six petits qui s’étaient – mal – cachés puis embrassa chacun de ses treize enfants.

Malgré l’heureuse fin de cette mésaventure, cela ne rendit pas la couleur à leur papa et époux.

Blanc comme neige, il ne pouvait plus sortir en plein jour sans risquer une insolation. Même la nuit lui était interdit, car clair comme ça, il se ferait vite repérer par le Grand Dévoreur, renard, loup ou chasseur.

Depuis ce jour, papa loup déprima. Il était triste et malheureux comme les pierres.

Son épouse ne pouvait rien pour lui. Il rêvait sans cesse de retrouver sa couleur et de pouvoir sortir au grand jour, prendre l’air frais du matin, patauger les pattes dans une flaque de pluie revigorante, creuser la terre et cueillir les légumes pour toute sa famille.

Le temps passa. Les enfants grandirent. Tous sauf un. Le troisième garçon, le septième arrivé. Il resta plus longtemps près de son papa, car cela lui faisait beaucoup de peine de le voir sans énergie, presque sans vie.

(…) à suivre  (clic)


Bon, au départ, je voulais faire un court texte, et pas spécialement un conte. Oui, mais voilà, je suis plongée dans cet univers jusqu’au cou… c’est venu presque naturellement.

Les ingrédients pour faire un conte :

  • une situation initiale
  • un imprévu, une rupture
  • une quête, un but à atteindre
  • des péripéties
  • situation finale en lien avec celle de départ bien sûr

Les personnages et matériel pour un conte

  • un héros
  • un ami du héros qui va l’aider
  • un méchant
  • un objet magique (ou pas, tout dépend du style du conte)

Ce n’est pas que ça, il faut plusieurs autres petites choses, mais en gros, si vous avez déjà tout ça, votre histoire peut rentrer dans le thème du conte.

Roman jeunesse : La Légende du Blondinet (4)

Chapitre 4

Entre l’épicier qu’il fallait surveiller et la factrice bizarre, Juliette se faisait du mauvais sang. Elle s’inquiétait, elle stressait. Voilà une semaine que Mathieu avait reçu son paquet. Pour la première fois, il ne lui avait rien dit, rien montré, rien confié. Pour la première fois, Lisa avait échoué dans sa recherche sur la vérité. Elle avait fouillé, triché, utilisé tous les subterfuges, elle n’était pas parvenue à percer le nouveau mystère qui entourait son petit garçon.

La rentrée des classes était là. Premier lundi dans cette nouvelle école pour les enfants. Ce matin, il y avait un brouillard à couper au couteau. Lisa, qui avait des problèmes respiratoires par moment, un asthme intermittent qui l’obligeait à prendre des médicaments pour ne pas tousser incésemment, n’aimait pas quand il y avait de la brume, du brouillard, tout ce mauvais temps qui l’empêchait de vivre normalement.

Pour cette première journée particulière, Juliette accompagnait les enfants. Mathieu était plutôt serein contrairement à ce que redoutait sa mère. Fin juin, juste avant les vacances d’été, ils avaient pu visiter l’école, découvrir leur future classe et leurs instituteurs. C’était sûrement grâce à cela que le petit garçon se sentait moins nerveux. Il avait déjà pu voir l’endroit où il passerait huit heures par jour, cinq jours par semaine. Il avait pu parler brièvement à son instituteur. Même si après toutes ces semaines de vacances, il en avait oublié son visage, la disposition des bancs, quatre rangées sur trois, lui rappelait quelque chose, de même que les portes-manteaux et les fenêtres décorées avec des peintures d’enfants.

Alors que l’épicier n’avait pas d’enfant, il rôdait quand même aux alentours de l’école, sur la place de l’Orange, tout près du puits. Le puits et l’établissement scolaire n’étaient pas si éloignés l’un de l’autre. Certes, il y avait la boulangerie entre eux, mais nous étions lundi, celle-ci était fermée. Les gens du village qui le connaissaient ne s’en étonnaient plus. À chaque fois que le temps était opaque, que la brume déposait ses nuages humides dans le village, cet ancien détenu au visage mutilé, délaissait son épicerie pour se promener une dizaine de minutes près du puits interdit. La légende serait-elle vraie ? Un petit garçon apparaissait-il dans le puits, dans ce puits par ce temps flou ? Sean ne l’avouera jamais, mais c’étaient uniquement à ces moments-là qu’il pouvait converser presque normalement, se confier même, à un enfant qui ne s’encourait pas quand il le voyait.

La brume rendait la visibilité difficile, à tel point que les habitants d’un côté de la place ne voyaient que des silhouettes sombres bouger à l’autre bout. Le puits était là, à sa place depuis tellement d’années que plus personne ne prêtait attention à lui. Plus personne, sauf l’épicier. Certains superstitieux avaient voulu le détruire, comme tous ceux qui croyaient en cette légende, mais le bourgmestre du village n’avait pas accédé à cette demande justifiant que ce puits faisait partie intégrante du patrimoine et que c’était justement grâce à cette légende que les touristes du monde entier venaient encore jusqu’ici pour loger. La curiosité, il n’y avait que ça qui faisait vraiment vivre le village. Comment feraient tous ces petits commerces de proximités s’il n’y avait pas ces visiteurs venus d’ailleurs ? Il suffisait de 5 à 6 semaines de logement sur place pour faire la moitié de leur chiffre annuel ! Le bourgmestre aimait donner des détails, des chiffres. Il était né dans ce village, il y avait grandi, vieilli, et il y mourrait assurément. Et tant qu’il serait encore en vie, personne ne pouvait toucher à ce puits.

Autour du puits, la brume s’était opacifiée, devenant plus blanche, plus compacte. Selon l’endroit de la place où l’on se trouvait, on pouvait en effet discerner une tache jaune pâle flotter à 1,20 mètre de la planche en bois qui couvre le puits. Si on clignait rapidement des paupières, un visage rond se dessinait en dessous de cette tache. Et si on tournait légèrement la tête, d’un côté ou d’un autre, la vision périphérique de l’homme pouvait éventuellement capter deux bras levés, deux bras qui demandaient de l’aide. Si on ne fixait pas l’apparition, on devinait alors le corps d’enfant, plutôt frêle, presque nu, sans chaussures. L’épicier, qui était assis, une fesse sur le puits, fit semblant d’allumer une cigarette pour entamer la conversation avec La Légende. Sean n’avait jamais vu l’enfant de face. Il faisait confiance à sa bonne vue, il savait que les effets d’optique pouvaient exister, mais dès la première fois où il avait aperçu ce blondinet en clignant des yeux, il avait su qu’il ne s’agissait pas d’une illusion. Les illusions ne parlaient pas, ou alors seulement, parfois du bout des yeux !

En ce nouveau début d’année scolaire, en cette fin d’été, la vision s’éleva encore un peu plus pour mieux se fondre dans un filet épais. Dans un chuchotement, il prévint l’épicier :

— Et l’orange deviendra peur !

D’habitude, l’apparition ne faisait pas de prédiction ou de truc de ce genre. D’habitude, Sean et le blondinet parlaient du beau temps, de sa collection de crânes, de l’élevage de crevettes de la factrice, de la construction du café au-dessus de la ferme, mais jamais de faits graves. Sean lui demanda discrètement s’il savait lui en dire plus, s’il parlait de l’eau orange de la fontaine, si la peur avait un lien avec une catastrophe, un malheur, un accident, si cela concernait un enfant ou non. Mais l’apparition ne disait déjà plus un mot. Elle était partie comme elle était venue, en toute discrétion. Elle avait emporté avec elle un nouveau mystère. Pour l’épicier, cette mise en garde était sérieuse. En trois ans qu’il était là, en une dizaine de rencontres et de discussions avec La Légende, jamais il n’avait entendu de telles paroles qui prévenaient d’un danger imminent. S’il n’était pas le seul à apercevoir l’apparition, Sean se savait privilégié car personne d’autre ne parlait avec elle. Il garda donc cet avertissement pour lui, ne sachant pas à qui il aurait bien pu se confier.

La silhouette enfantine s’était évaporée tout comme le brouillard s’était levé subitement. Plus les secondes passaient, plus Sean devenait obnubilé par cette prophétie. L’épicier supposa que l’arrivée de cette nouvelle famille dans le village venait de pair avec la prophétie. La coïncidence était trop grande pour qu’il ne fasse pas attention à ce signe. Sean se mit en devoir de surveiller et de protéger le petit Mathieu. Il en était sûr, cela le concernait, il le sentait au plus profond de lui, sa cicatrice sur la joue ne le trompait pas, jamais, elle le démangeait beaucoup plus quand il avait raison, quand il suivait ses intuitions.

À quelques pas de là, à l’école, ce premier jour se passa sans le moindre souci. Les nouveaux élèves furent rapidement connaissances avec leurs camarades, et les instituteurs, au nombre d’un pour deux classes, étaient de bonne humeur et rendaient cette journée particulière pour les enfants, exceptionnelle. L’ambiance était à la découverte du programme scolaire, de la nouvelle tête du professeur d’éducation physique et bien sûr, de la liste des incontournables matériels indispensables. Le journal de classe était toujours attendu avec impatience ; cette année, c’était un artiste peintre qui avait illustré la couverture et c’était l’institutrice des « moyens » qui avait égrainé les semaines d’expressions et d’autres citations connues.

La première puis la seconde récréation de la journée s’écoulait dans les rires et la joie des enfants. La brume levée, le soleil dominait à présent pour le reste de la journée. Les températures montaient rapidement dès onze heures. Il fait 25 °C vers les coups de quinze heures quand la cloche sonnait la fin de ce premier lundi.

Mathieu était souriant, il s’en allait tout seul vers la sortie, oubliant d’attendre sa sœur qui traînait déjà, bavardant, insouciante comme Lisa savait l’être. Pour elle, cette première journée d’école s’était soldée avec la connaissance de deux filles de sa classe et d’un garçon canon d’un an son aîné, qui était également dans sa classe, mais en dernière année primaire. Elle appréciait ce regroupement de niveaux, elle s’entendait mieux avec les enfants plus âgés.

L’école, située à droite, tout au bout de la place d’Orange voyait tous les enfants s’éparpiller dans toutes les directions. Mathieu, joyeux, faisait halte à la fontaine. Comme il l’avait déjà fait auparavant, il cueillit dans ses paumes un peu d’eau orange et la porta à ses lèvres comme s’il s’agissait d’une quelconque potion magique. L’eau, très goûteuse, ne collait pas, ne tachait pas. Le petit garçon, d’un air malicieux, attendit que Lisa soit tout près de lui pour l’asperger. Mathieu était euphorique, très, trop. C’était tout à fait inhabituel. Désinhibé, sûr de lui, il riait aux éclats, courrait autour de la fontaine, aspergeait Lisa en claquant sa main dans l’eau, puis levait la tête en arrière et ouvrait grand la bouche pour attraper quelques gouttes oranges qui retombait un peu partout. Lisa ne le reconnaissait pas, lui d’habitude si calme, introverti, timide, voilà qu’un démon avait pris possession de son corps ! Tout le monde autour d’eux souriait, certains se moquaient de lui, d’autres disaient qu’il est saoul et s’en indignait vu son jeune âge. Lisa, elle, commençait à avoir peur. Elle ne savait pas ce qu’elle devait faire, mais voir son petit frère aussi excentrique, aussi fou, aussi hors de lui la mettait très mal à l’aise. D’une impulsion subite, elle l’attrapa par la main et l’éloigna de la fontaine. Puis une claque aussi soudaine que brutale le gifla sur la joue. Lisa avait tant rêvé faire ça un jour ! Mathieu, une main sur son visage, raide comme une statue, commença à pleurer. Et c’est là, entre deux sanglots et une vue quelque peu brouillée, qu’il vit une tache orange sur le t-shirt de Lisa, juste au col. Tout en se frottant la joue, et en continuant de chouiner faisant croire qu’elle l’avait presque tué, il observa la tache s’accroître. Il n’osa rien dire à celle qui venait de le frapper. Petit à petit, d’autres taches, de la même couleur, auréolaient les vêtements de sa sœur. Les vêtements, puis la peau ! Lisa ne remarqua rien de tout cela, elle était encore impressionnée par le changement de comportement de son petit frère. Elle ne prêta même pas attention au doigt de Mathieu qui la montrait. Elle ne réalisait pas ce qu’il se passait quand elle commença à se gratter au cou, puis en dessous d’un bras, puis de l’autre pour finalement être prise d’une crise d’urticaire sur le moindre centimètre du dessus de son corps. Très vite des plaques rouges, boursouflées firent leur apparition. La jeune fille fut prise par une quinte de toux. Tout alla très vite ensuite. Son asthme se déséquilibra, l’air resta comprimé dans ses poumons, son thorax se creusa. Elle manqua s’étouffer ! Mathieu assista à cette subite poussée d’asthme et eu le réflexe d’aller chercher l’inhalateur de sa sœur qui se trouvait, normalement, toujours dans son cartable. Ce médicament de secours était justement là au cas où elle était prise d’une crise subite. La souffrance se lisait sur le visage de Lisa, elle était devenue très pâle, ses lèvres étaient bleues, ses yeux inondés de larmes et de panique.

Un témoin de la scène avait été chercher la pharmacienne. Celle-ci, tout en ronchonnant parce qu’on la faisait sortir de sa boutique, arrivait quand même avec un médicament dans sa main.

— Tiens, avale ça tout de suite. Tu fais une crise d’allergie, lui dit-elle en la forçant à boire le petit gobelet d’eau et le comprimé, minuscule et rond.

Les secondes furent interminables, les minutes inquiétantes. L’état de Lisa se stabilisa lentement. Lentement, mais sûrement. Mathieu s’était enfoui quand tout un attroupement avait commencé à se former autour de Lisa et de la pharmacienne. En un temps record, il était rentré à la maison et avait tout expliqué à sa mère qui allait justement sortir pour les retrouver en chemin.

Moins d’un quart d’heure plus tard, ses parents étaient sur la place de l’Orange. Les joues de leur petite fille avaient retrouvé le rose habituel, ses lèvres étaient de couleurs normales et le mouvement respiratoire de sa cage thoracique avait également repris un rythme habituel. Mais les plaques orange étaient toujours présentes. Elles grattaient simplement un peu moins. Lisa était fatiguée, elle voulait dormir ! André, malgré des douleurs toujours présentes à son épaule et le poids important de sa fille, la porta dans ses bras.

Sean, lui, resta figé. « Et l’orange deviendra peur » prend tout son sens. Il n’osa même pas se retourner pour regarder le puits. Il savait que son ami avait vu juste. Il supposa que le médecin ira voir la petite à la maison et lui dira qu’elle était allergique à l’eau de la fontaine. On lui fera une prise de sang pour confirmer ça, une seringue, du sang, tout ce qu’il a en horreur.

Il se demanda néanmoins si d’autres personnes allaient devenir subitement allergique à cette fontaine, symbole de joie et de retrouvailles sur cette place.

Haïku sur photo de pleine lune

Un jour ma maman m’envoie une belle photo qu’elle a faite de la pleine lune… et voici ce que cela m’a inspiré 🙂

haiku sur photo de lune

Ma maman écrit beaucoup d’haïkus. Ma fille aime beaucoup en faire (et lire ceux de sa mamy). Pas d’autre choix que de m’y mettre moi aussi 🙂

Une personne qui écrit des haïkus peut s’appeler un haijin ou haïkiste.

Un haïku est un poème court, composé généralement de 17 syllabes, coupé en 3 vers de 5/7/5 syllabes.

Une histoire qui n’est pas de moi

Lesfaitsplumes a trouvé l’inspiration pour écrire un petit texte à partir de ma photo (clic). Avec son aimable autorisation, je vous le mets ici afin de vous faire passer un chouette petit moment de lecture et qui sait, peut-être cela va-t-il déclencher chez vous une envie irrésistible d’écrire une autre histoire vous aussi  🙂

Merci d’avoir joué le jeu 🙂

« C’est l’histoire de 2 petits explorateurs en herbe qui vont se promener dans la forêt. Là ils aperçoivent une roche majestueuse qui semble représenter un cheval à la crinière verte, 2 poissons bruns, un chien bizarre, deux humains e un poisson aux oreilles dressées. Nos petits loulous décident de mener l’enquête. De péripéties en péripéties ils finissent par se rendre à l’AMEF, l’association mondiale des espèces fabuleuses menacées qui va les mettre sur une piste qui va changer l’état des connaissance scientifique sur la biodiversité fantasmatique! La roche s’avère être un fossile témoin de l’existence de créatures chimériques déjà connues: le grand cheval de mer, le Hoga poisson à tête de chien etc et moins connu mais ayant fait l’objet de multiples recherches : l’oreilleau, le poisson à grande oreilles régulateur du courant des océans ! Il semblerait même que l’oreilleau ait été la bouche et les oreilles des hommes dans l’espace sous-marin… Le fossile retrouvé semble attester de la réalité des hypothèses longtemps faites par les scientifique du muséum national de l’histoire des animaux fantasmatiques! Bon ben voilà…. Peux donner plus de détails si besoin imagination au beau fixe! Bonne soirée!«