Lire un livre, ça remue là-dedans

Dans les murmures des feuilles qui dansent, de Agnès Ledig. Un livre qui m’a fait pleurer, mais qui m’a aussi beaucoup remué là-dedans, à l’intérieur de moi. Pour différentes raisons.

Dans ce livre, deux histoires différentes dont les personnages vont se rejoindre. Il y a quatre personnages principaux, dont un enfant malade, le grand-frère de celui-ci, une secrétaire médicale qui a eu un accident de voiture et un procureur de la République. Une correspondance va démarrer entre deux d’entre eux. Ces échanges épistolaires entre Anaëlle et Hervé, me passionnent, me posent des questions, m’intriguent me donnent envie d’en avoir une, moi aussi.

En réalité, j’en avais déjà fait l’expérience. Il y a quelques années. Grâce à une passion commune que l’on partageait : l’écriture. Elle avait commencé par « jeu », puis pour une raison que j’ai oublié, elle a cessé.
Cette lecture m’y a fait repenser aussitôt !

Et vous, avez-vous déjà eu l’occasion, récemment, d’échanger du courrier écrit à la main, avec une personne que vous ne connaissiez pas, ou peu ?

Qu’en pensez-vous ? Cela vous tenterait-il ? Ou pas du tout ? Pourquoi ?

Et puis, on peut parler aussi de toutes ces émotions qui nous traversent quand on lit un livre. Quand un livre me plaît, je suis entièrement absorbée par son histoire, par les personnages, par les lieux… Il m’arrive de pleurer, souvent de tristesse, parfois de joie. Selon le genre du livre, je peux éprouver de la peur, du dégoût, de l’angoisse, de la curiosité, mais aussi du plaisir, du bonheur, des envies.

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Dernièrement, j’ai lu Un lutin sur l’appui de fenêtre, de Nadine Fabry. Je l’ai dévoré. Le premier quart du livre, c’était surtout par la poésie que les mots et les phrases dégageaient. Je voulais tout noter, garder ces images qui naissaient à la lecture de certains passages. Puis, j’ai commencé à m’intéresser à la vie des personnages. Très vite, il y en a eu quelques-uns qui se sont succédé. J’ai pris des notes pour ne pas me tromper… et au fil de la lecture, je les connaissais, je ne pouvais plus me tromper dans les noms, les âges, les « passés ». La curiosité et l’envie de savoir quel lien, quel secret, reliait tous ces personnages entre eux est arrivé en tête. Si j’avais deviné, vers un peu plus de la moitié du livre, un secret, j’étais loin de me douter qu’il allait prendre de telles proportions. Et ce secret m’a bouleversé. Il m’a fait penser à ma maman, à sa vie, à son passé. Aussitôt le livre refermé, j’ai pris de quoi écrire et du papier. Je voulais partager ce que j’avais ressenti. J’étais sûre que ma maman allait aimer ce livre. Elle pleurera sûrement comme moi, mais pas pour des raisons identiques, même si celles-ci se ressembleront.

J’ai écrit à la main toute l’histoire de la découverte de ce livre, de sa lecture, de ce qu’il a provoqué en moi. Et j’ai envoyé le tout à ma maman…

Lire un livre, lire des livres, ça remue là-dedans, en moi. J’ai parfois du mal à bien m’exprimer sur le sujet, mais quand un livre a su me chambouler à ce point, je le relis des années plus tard.

Et justement, à l’atelier d’écriture de Jacqueline, il a été question de la manière dont on choisi un livre et de la façon dont on lit. Plusieurs personnes ont dit relire des livres. J’ai toujours eu beaucoup de mal, car il y en a encore tellement que je n’ai pas lus et qui m’intéressent que j’ai rarement l’occasion et l’envie de rouvrir un livre déjà lus. Même si celui-ci m’a beaucoup plu. Et donc, après mon livre que je viens d’acheter chez mon libraire, je vais relire un livre déjà lu.

Ensuite, je vais essayer de partager avec vous ce que cette relecture m’a fait. Comparer avec les souvenirs de la première lecture. Voir ce qui a changé. Je n’ai pas encore choisi ce livre.

Mes prochaines lectures

Voici quelques livres qui sont dans ma bibliothèque, sur l’étagère des livres « encore à lire ». Je n’ai pas tout mis, mais il y a un peu de tout : des romans, de la littérature jeunesse, du bien-être, une trilogie de BD et un manga 🙂

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J’ai commencé « Marraine » en livre numérique. Et d’autres m’ont fait des clins d’œil… mamamia, c’est dur de lire tous les livres qui nous tentent.

Marraine, de Emilie Chevallier Moreux

Marraine, de Émilie Chevallier Moreux
Éditions Noir d’Absinthe

Voici un roman sur les contes revisités que j’ai bien aimé ! Merci AD Martel pour la recommandation, tu as eu raison de penser que cela allait me plaire 🙂

marraine_emilie chevallier moreuxJ’avoue quand même avoir eu un peu de mal avec les chapitres, tantôt au présent (année 2018), tantôt dans les siècles passés. Ce n’est que vers la moitié du livre que j’ai réussi à switcher de l’un à l’autre sans problème. Et une fois que j’ai réussi cette prouesse (pour moi, c’est une prouesse, car généralement, je décroche rapidement), les pages ont défilé à une vitesse vertigineuse. J’ai été touchée par la boulimie de la curiosité, l’envie de savoir, de découvrir ce qui allait se passer pour Marraine.

Conte moderne, il y a tout dans cette histoire pour plaire aux amoureux des contes : des personnages attachants, une histoire d’amour, de la magie, une vilaine méchante, des complots, des mensonges, des intrigues, des coups de théâtre, etc. On retrouve en personnage principal Marraine, fée de son état. Une parmi d’autres, mais elles sont de plus en plus rares au fil du temps. Une gentille fée, une adorable marraine qui sacrifie sa longue vie quasi éternelle pour ses filleuls dont elle a la garde : Riquet, Peau-d’Âne, Cendrillon et Aurore. La méchante n’est autre que la fée Carabosse.

J’ai vraiment aimé découvrir la vie de Marraine, ses espoirs, son travail, ses projets, ses déceptions, ses peurs. J’ai adoré la façon dont est amené la magie au présent. Et j’ai surtout apprécié les versions modernes de la vie des quatre filleuls.

J’ai un peu moins aimé la fin, non pas pour ce qu’elle est, mais parce que j’ai trouvé le personnage principal tellement changé. J’étais soudainement moins attachée à elle.

En fait, à la fin, il y a trois personnages, les plus importants, qui changent de caractère, de comportement et ça m’a un peu déstabilisée.

J’aurais aussi aimé en savoir un peu plus sur le beau et ténébreux nouvel amoureux de Marraine. On lui donne une certaine importance et puis, il n’intervient presque plus. Je réalise que sa créatrice, l’autrice, a peut-être voulu démontrer ainsi que les femmes peuvent être plus fortes, plus importantes que les hommes dans un couple 😉

Malgré cela, ça reste un très bon livre que je relirai avec plaisir. Ou que je lirai à voix haute si l’on m’en fait la demande (sourire, je pense à mon fils).

Manga : Félin pour l’autre, de Wataru Nadatani

felin pour l'autre, 4_mangaFélin pour l’autre, de Wataru Nadatani

4e titre de la série. J’aime toujours autant l’histoire qui est racontée dans ce manga. Les expressions des personnages sont toujours exagérées, mais les infos qui circulent dans ces pages dessinées sont extras ! Fidèles, justes, réelles.

C’est pourquoi j’ai un peu insisté auprès de mon fils afin qu’il lise le premier tome. Il a du mal à lire « à l’envers », mais il aime tellement les chats et l’humour dans les BD, que je suis sûre et certaine que cette série est faite pour lui 🙂

Par exemples :

  • les chats, une fois qu’ils sont castrés/stérilisés ont tendance à prendre du poids. Parfois, il est nécessaire de leur imposer une diète ou plutôt de revoir le menu des repas qu’on leur donne afin qu’ils ne développent pas de maladie liées à leur obésité. Mais on ne s’improvise pas diététicien pour chats n’importe quand, n’importe comment…
  • quand on décide d’adopter un animal, on devrait pouvoir aussi avoir une période d’essai, sous contrat, afin de laisser le temps et à l’animal et aux humains de voir si le compagnon à quatre pattes est bien dans son nouveau foyer. En effet, ce n’est pas parce que « nous » avons décidé d’adopter, de sauver, d’acheter un compagnon que celui-ci va automatiquement être heureux chez nous. Surtout s’il y a déjà d’autres animaux à la maison…
  • les chats sont de véritables éponges d’émotion. Ils sentent si vous avez peur, êtes stressé, si vous êtes malades, etc.

 

Le treizième conte, Diane Setterfield

Le treizième conte, de Diane Setterfield.
Traduit de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli
2007 pour la traduction française

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4ème de couverture :
Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l’écart du monde, s’est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres. Aujourd’hui, âgée et malade, elle souhaite lever le voile sur l’extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à Margaret Lea est une injonction : elle l’invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret accepte la proposition de Vida mais, en tant que biographe, elle veut traiter des faits et ne croit pas au récit de Vida.
Les deux femmes vont confronter les fantômes qui hantent leur histoire pour enfin cerner leur propre vérité…

chateau ruine et dependance

Extraits :

« Tous les enfants construisent un mythe autour de leur naissance. C’est là un trait universel. Vous voulez comprendre quelqu’un ? Son cœur, son esprit, son âme ? Demandez-lui de vous parler de sa naissance. Ce que vous obtiendrez ne sera pas la vérité, mais une histoire. Et rien n’est plus révélateur qu’une histoire. »

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« À travers les verres sombres, j’entrevoyais tout juste les battements de ses cils, qui se recroquevillaient en frémissant autour de l’œil, comme les longues pattes d’une araignée autour de son corps. »

« — Tout simplement parce que mon histoire – mon histoire personnelle – s’est terminée avant que je commence à écrire. Écrire n’a jamais été pour moi qu’un moyen de passer le temps depuis que tout est fini. »

« Dans l’obscurité, mes doigts, refermés sur un crayon fantôme, se crispaient nerveusement en réponse aux questions qui perçaient le voile de ma somnolence. »

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« Je consultai l’ordonnance. D’une écriture vigoureuse, il avait inscrit : Sir Arthur Conan Doyle, Les Aventures de Sherlock Holmes. Prendre dix pages, deux fois par jour, jusqu’à épuisement du stock. »

« Il ne savait pas bien sûr. Pas vraiment. Et pourtant, ce sont là les mots qu’il prononça et qui m’apaisèrent. Car je comprenais ce qu’il voulait dire. Nous avons tous nos peines, et même si leur contour, leur poids et leur étendue sont différents pou chacun d’entre nous, la couleur du chagrin est la même pour tous. »

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Plonger dans une histoire corps et âme

Le Nano se termine bientôt.

Hier soir, je l’ai terminé. J’ai « fermé » l’application, le fichier comme j’ai tourné la dernière page de mon livre.

Cette dernière semaine, je n’ai quasi pas écrit, car j’ai lu.

D’habitude, en période « Nano », je ne lis pas. Mais ce livre, je l’ai trouvé dans une bouquinerie à la mer du Nord pendant notre semaine de vacances, le 1er jour du challenge d’écriture !

Des livres, dans cette librairie de Koksijde, j’en ai achetés ! Pour moi, pour mon papa, pour ma maman. Des romans, mais pas que. Comme ce magnifique grand livre de La Fontaine que je vous ai déjà présenté.

Là-bas, à la mer, j’ai dévoré le livre de AD Martel dont je vous ai déjà également parlé. Les larmes de Saël a été un grand plaisir de lecture, de découverte.

Entre-temps, j’ai aussi lu une petite histoire sur un village, d’une personne dont j’ai fait connaissance à la formation d’initiation aux contes : Laurent. Cette lecture a aussi été un excellent moment, un véritable plaisir.

Alors que le doute sur la fin de mon Nano me turlupinait, vais-je y arriver ou pas, j’ai ouvert un livre uniquement à cause du titre : Le treizième conte.

En plein moment d’écriture sur les contes, j’ai ouvert ce livre pour essayer d’y trouver l’énergie, l’inspiration nécessaire pour poursuivre mon challenge d’écriture.

Et en fait, j’ai été aspirée par les pages ! J’avalais goulûment les mots, phrase après phrase, chapitre après chapitre. J’en avais jamais assez. Jamais repue.

C’est ce que je recherche dans une lecture, c’est de voyager, de vivre l’histoire comme si j’y étais. J’aime ce moment où mes yeux me piquent, mais qu’il m’est impossible de lâcher le livre. J’aime rêver, croire que les personnages m’attendent pour entrer en action. Je savoure ces instants où je ne suis plus présente, où je suis ailleurs. Et tout ça, grâce à des mots.

Ces livres-là, je les garde, car je sais que je vais les relire.

Dans ce livre, Le treizième conte, de Diane Setterfield, c’est une histoire de famille, une histoire dans une histoire. Des histoires. Il y a rebondissement sur rebondissement, coup de théâtre, horreur, suspense…

J’ai eu l’impression que l’une des personnages pourtant « clé » de ce roman pouvait très bien ne pas être là, je crois que cela n’aurait pas changé grand chose tellement l’histoire qu’elle récolte, qu’elle écoute, qu’elle partage avec nous prend de l’ampleur, toute la place. Trop de place. Plus assez pour elle. D’ailleurs, son histoire à elle, c’est pourtant grâce à son histoire que tout démarre et qu’elle est choisie, est à mon goût « de trop ».

Maintenant, moi, après avoir lu ce livre, je dois revenir ici et maintenant.

J’ai tourné la dernière page aux alentours de midi, hier.

Hier soir, vers 20h, toutes ces images, ces mots, ces histoires en tête, dans la bouche et dans mon coeur, j’ai aussi mis le point final provisoire de mon challenge d’écriture. Cela ne fait pas 50.000 mots (42k), mais ça n’a pas la moindre importance.

Et là, à l’instant, en « vous » écrivant tout ceci, le lendemain vers 6h30 du matin, j’ai décidé que je choisirais treize contes que j’ai écrit pour le Nano et que ces treize contes, je les partagerais, je les autopublierais.

Treize.

Ni moins. Ni plus.

Dans ce livre comme dans mon challenge, je me sentais habitée. Durant ces moments de lecture et d’écriture, j’étais quelqu’un d’autre. Ce n’était pas moi. Je n’étais pas moi. Pas là.

Aller jusqu’au bout de quelque chose, même si l’objectif final change en cours de route. Accepter ses choix. Choix de lecture. Choix d’écriture. Choix d’avenir.

Comprendre que les histoires qu’on lit et celles que l’on écrit, sont là pour nous accompagner, pour nous aider à avancer. À progresser. À se soigner. À aimer. À s’aimer.

Même les histoires les plus bizarres ont une raison d’être. Si pas pour le lecteur, pour la personne qui l’a écrite.

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