Les 3 petits cochons et le chat botté

Pour ma formation contes avec Chantal, voici l’histoire que j’ai choisie pour la conter oralement : les 3 petits cochons et le chat botté.

Cette histoire, à l’origine, a été écrite à l’occasion de l’atelier d’écriture Tisser les mots.

Vous pouvez la retrouver dans mon dernier recueil auto-publié : Démarrer au quart de tour.

Je vais la retravailler légèrement afin qu’elle corresponde mieux avec ce que je souhaite transmettre aujourd’hui, à l’occasion de cette formation :

  • l’univers d’une salade de contes (héros/ennemis//situation initiale/péripéties/élément déclencheur/dénouement…)
  • l’abandon de chats
  • l’alimentation d’aujourd’hui
  • les expressions

Les 3 petits cochons et le chat botté

Il était une fois une fée marraine hyperactive qui souffrait d’hyperacousie et d’impatience, on la disait faribolistique. On lui avait confié la garde des 3 petites cochonnes qui s’appelaient Lala, Lili et Lali.

D’expérience, la fée marraine savait que les élever ne serait pas une tâche facile, elle ne se souvenait que trop bien de leurs cousins, les 3 petits cochons : Nif Nif, Naf Naf et Nouf Nouf.

Dynamique comme elle était, elle avait réussi, à force de persévérance, à ce que l’un des trois finisse architecte maçon et influence les autres. Elle avait donc cru qu’elle y arriverait chez ces demoiselles et avait poursuivit ses efforts en se concentrant sur l’éducation de l’aînée qui semblait la plus intelligente, la plus posée et la plus débrouillarde.

Mais les années passant, la fée marraine vieillissant, elle devenait plus sensible au bruit et sa patience fondait comme neige au soleil.

Un jour, Lala et Lili se disputaient en poussant des grognements aigus de petit cochon qu’on égorge. Elles n’étaient pas d’accord sur la façon d’habiller la cadette, Lali, et celle-ci était prise à partie par l’une, puis par l’autre. Et c’est au moment où la salopette rose avec des paillettes mauves se déchira que Lali se mit à pleurer comme une fontaine et que la fée marraine explosa.

— Je n’en peux plus de vos disputes, de vos cris, de vos jérémiades, de votre comportement de vilaines petites cochonnes !

Les mots éclataient dans l’air, grondant, menaçant, et fouettant les oreilles des 3 petites sœurs. La marraine joua de sa baguette magique et en un tour d’étincelles et de poudre magique volante, elle se retrouva au milieu de la forêt bleue[1] avec les 3 petites cochonnes sous les bras.

HOP ! Elle les jeta à terre, lança un tourbillon de feuilles mortes et disparu aussi vite qu’elle était venue.

Dans la forêt bleue, un silence noir s’abattit sur les 3 petites créatures roses. Plus un cri ne perça, plus une larme ne roula. Lali renifla comme seuls les petits cochons savent si bien le faire et osa un timide « où sommes-nous ? »

Lala, l’aînée réfléchit très vite et lui répondit :

— Nous sommes dans la forêt bleue, en Belgique, la forêt la plus étrange qu’il soit où les arbres sont bleus.

— En quoi est-ce qu’elle est bizarre cette forêt ? demanda Lili.

— Les arbres se ressemblent tous ; en journée, ils se confondent avec le bleu du ciel et la nuit, le noir les engloutis, expliqua Lala d’une voix mystérieuse et envoûtante.

— Ma… Ma… Marraine nous a… a… abandonnées ! pleurnicha Lali.

Nous sommes dans l’après-midi. Le ciel est d’un bleu chaleureux, et les arbres, en tenue de camouflage, sont parsemés de petites taches blanches ressemblant à des nuages de beau temps. De fait, ils se ressemblent tous ; certains sont un peu plus petits ou un peu plus gros que d’autres, mais aucun n’a de caractéristique particulière.

C’est pour cette raison que ceux qui pénètrent, de gré ou de force, dans cette forêt, n’en ressortent que très rarement. Ils s’y perdent et par épuisement, par défaite, ils décident de s’installer dans cette forêt pour l’éternité.

Nos 3 petites cochonnes ne savent pas que le peuple de cette forêt est condamné à ne jamais sortir du couvert de ces arbres. Lala s’en doute, mais elle ne veut pas faire peur à ses sœurs et se tait donc. Lili réfléchit à sa nouvelle situation et commence à ramasser tout ce qu’elle trouve à terre pour marquer son chemin. Quant à Lali, son groin coulant de morve, c’est comme si le monde s’écroulait sous ses pattes. Elle n’aime pas cette forêt, elle est fatiguée et elle veut rentrer à la maison.

Cinq minutes s’écoulent avant qu’un nouveau malentendu n’éclate entre les frangines. Chacune se rejetant la faute, accusant l’autre d’avoir crié trop fort et d’avoir provoqué la colère de la fée marraine.

Tout à coup, attirée par les cris et les grognements, une petite créature presque toute de noir vêtue, fait son apparition : c’est un chat, pas très grand ni très gros. Il se déplace sur ses deux pattes arrière et les interrompt :

— Excusez-moi mesdemoiselles, auriez-vous vu mon autre botte ? Mon maître m’a pris pour un chien quand il l’a lancée pour que j’aille la chercher… enfin, je crois, ces derniers temps, il avait l’air d’en avoir marre que je traîne entre ses pattes. Enfin bref, je ne vais pas vous raconter toute ma vie, il paraît que je suis trop bavard… Avez-vous donc aperçu une botte comme celle-ci ? dit-il en montrant celle qui lui restait.

À la vue de ce petit chat, trop mignon, trop bavard, on entendit d’une seule et même voix :

— Oooh ! Il est trop chou.

Et sans lui laisser le temps de comprendre, les 3 sœurs se jettent sur le chat, le prennent dans leurs bras, le caressent, lui donnent des bisous tout doux. Il en perd sa deuxième botte et sa voix. Finalement, ce n’est pas si mal de se faire dorloter par ces filles… il en oublie vite la raison de sa venue et se laisse choyer tout le reste de l’après-midi.

Pour une fois que Lala, Lili et Lali sont d’accord sur une chose, personne n’oserait interrompre cet élan d’affection et cette solidarité fraternelle.

Arrive le soir. Les ventres crient famine. Les petites cochonnes se décident de bouger leur popotin pour chercher à manger. Emmitouflé dans les vêtements que les filles ont assemblés rien que pour lui, le chat botté, qui n’est plus chaussé, attend patiemment qu’on vienne lui apporter à manger. C’est qu’il aime se faire servir le coquin !

Lala, Lili et Lali partent dans trois directions diffé­rentes.

Aie aie aie, elles se perdent rapidement et ne retrouvent plus leur chemin !

Trois heures passent quand le chat, affamé, décide lui aussi de bouger un peu son derrière. Il parle, parle, parle… tout seul. Il miaule, miaule, miaule, toujours tout seul. On ne voit pas très bien ce qu’il fait, mais il fait quelque chose. En grattant le sol, il miaule encore et toujours. Puis, après avoir creusé et retourné la terre sur un bon morceau de terrain, il regarde derrière lui, puis à gauche, enfin à droite. Il n’y avait personne. Rassuré, il lève la patte et se soulage. Il fait pipi ! Partout ! C’est qu’il en a une grande vessie à vider. Une fois son besoin terminé, il se réinstalle au centre de son nouveau territoire et patiente. Il ne doit pas attendre bien longtemps, car très vite, quelque chose pousse de la terre. Partout où il a gratté (et pissé), un mur se dresse ! Et, étrangement, un parfum épicé (é-pissé) envahit la forêt.

Au même instant, une note de musique perce le silence relatif de la forêt à moitié endormie. Les habitants habitués savent ce que cette mélodie signifie : le grand méchant loup va à la pêche au cochon. Tel un magicien, le loup souffle dans sa flûte enchantée. Attirées par la musique envoûtante tel un moustique par le sang, les 3 petites cochonnes, perdues, marchent dans la même direction : celle du loup ! Mais, mais… le loup s’arrête tout à coup de souffler dans son instrument. Il a senti une odeur bien meilleure que celle des 3 petites sœurs. Une odeur qui lui fait baver, légèrement épicée, légèrement sucrée ; ça fait si longtemps qu’il n’a plus goûté à une telle gourmandise. Il marche un peu, renifle, puis siffle dans la flûte. Il marche, renifle, siffle. Il renouvelle cette combinaison quinze minutes durant. Puis, il s’arrête définitivement. Les 3 petites cochonnes aussi. Sans le faire exprès, il a ramené les sœurs tout près de leur ami botté. Et ce qu’il voit, ce que les filles voient, est ahurissant. Devant cette petite troupe étrange se dresse un véritable château en pain d’épices !

Lala, qui n’en revient pas, est la première à retrouver la parole :

— Mais, tu es un magicien ? Tu aurais pu nous dire que tu savais faire pousser de la nourriture, cela nous aurait évité de nous perdre en pleine forêt, rouspète-t-elle l’estomac dans les talons.

Le chat a perdu sa langue, il ne répond pas, car derrière Lala, Lili et Lali, le grand méchant loup se lèche les babines. Le chat se serait bien caché sous sa cape d’invisibilité, mais il l’a prêtée la semaine dernière à Riz Pot’Heure (lire à voix haute). Alors, il pointe le loup avec une griffe tremblante et marche à reculons s’enfermer dans son abri délicieux.

Face à face, le loup ne mâche pas ses mots envers les petites cochonnes :

— Le deal est simple. Vos vies sauves à toutes les trois contre le pont en pain d’épices et ses chaînes en sucette.

— Pardon ? Osa demander Lili. Vous nous délaissez pour du sucre ? C’est du délire !

Le loup, un peu rouge de honte, avoue :

— Oui, je préfère les friandises à la viande.

— Par mes moustaches, j’ai tout entendu ! Bien sûr que je lui offre volontiers le pont, s’il vous laisse saines et sauves. J’ai besoin de vous, mesdemoiselles, j’ai un ronron dans la gorge qui veut sortir. Et puis, j’ai plein d’histoires à vous raconter.

[1] Forêt bleue : elle existe bel et bien ! Elle s’appelle plutôt le Bois de Hal, il se situe en Belgique, à 30 minutes de Bruxelles. Entre le printemps et l’été, le sol se couvre de jacinthes sauvages, donnant le nom féerique de forêt bleue.

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Une de mes histoires à travailler à l’oral

Pour ma formation Contes, avec Chantal Devillez, je vais choisir de travailler sur une histoire que j’ai écrite : choix difficile 🤔
J’hésite entre 9 petites histoires 😁
• Scar l’escargot
• Il est né le… terrible enfant !
• une histoire de lapin
• Les 3 petits cochons et le chat botté
• L’ours colère
• Neige de feu (plus long)
• Mettre les points sur les i
• J’aurais voulu être un oiseau
• Julie lit la pâtisserie

Une histoire sur un animal, sur un enfant, sur une émotion, sur un rêve ? Un mélange de contes ? Une expression imagée façon Cécile ?

Mais d’ici là, une fois mon choix arrêté, je pense aussi que je vais retravailler un peu le texte afin qu’il soit plus fluide pour l’oral 😊

Si vous avez lu l’un de mes livres, quelle histoire parmi ma petite liste vous a touchée le plus ?

Bonne semaine automnale.☔🌬

Jules Verne, les enfants du Capitaine Grant

Jules Verne n’est plus à présenter… et si je n’ai toujours pas fini de tout lire de lui, je ne cesse de m’émerveiller de ses histoires. Celle-ci, je ne la connaissais pas : Les enfants du Capitaine Grant.

3 bandes dessinées ont été consacrées à cette œuvre, et un magnifique ouvrage regroupant les trois tomes de ces BD a aussi vu le jour. Nous devons cette magnifique adaptation à Alexis Nesme (illustrations, scénario et mise en couleurs !) , et à une qualité d’impression remarquable aux éditions Delcourt.

Un diaporama du hors collection pour vous donner envie de (re)découvrir cette histoire de Jules Verne  😉

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Le livre des Ôjû, Nahoko Uehashi

Tome 2 du livre « La charmeuse de bêtes », traduit par Yukari Maeda et Patrick Honnoré. Editions Milan jeunesse.

Dans ce 2eme et dernier livre, Erin grandit et devient professeur stagiaire dans son école vétérinaire. Mais cela ne la met pas à l’abri des conflits qui règnent entre le royaume de l’Arhan et celui de la Reine Yojé. Que du contraire, car pour protéger Lilan, « son » Ôjû, elle va se mettre en danger…

Jusqu’où Erin sera-t-elle prête à aller pour sauver ces fauves royaux ?

Et pour son peuple, pour sauvegarder l’âme de sa mère, qu’est-elle prête à sacrifier ?

Osera-t-elle défier les ordre de la Reine Yojé ?

Cette histoire, ces deux livres, sont pour moi de magnifiques (très longs) contes que je suis même prête à relire, tellement je les ai aimés !

Ce qui m’a le plus fait vibrer, ce sont là vie de ces deux animaux mythiques : les tôdas et les ôjûs. Même si les uns sont dépeints comme de bêtes monstrueuses et impures et les autre comme des créatures majestueuses et royales, suivre leurs évolutions, découvrir leurs vies, leur éducation, leur élevage, sauvetage, soins et surtout les liens possibles ou craints avec l’homme, c’est tout ça que j’ai aimé lire !

La fin est trop brusque et pas assez détaillée pour moi. Je vais donc écrire « ma » fin 😁

Et cela me donne également envie d’écrire un conte avec ces 2 animaux, un conte plus court, que je raconterai et adapterai à ma voix, à mes émotions, aux images que je souhaite transmettre.

La charmeuse de bêtes, tome 1

Lors de ma visite dans le village du livre, Redu, j’ai trouvé ce livre, une pépite pour moi  :

La charmeuse de bêtes, de Nahoko Uehashi. C’est le 1er tome (sur deux) : Le livre des Toda. Traduit du japonais par Yukari Maeda et Patrick Honnoré.

charmeuse de betes tome1Érin est une petite fille de 10ans qui a perdu son père à sa naissance. Sa mère est une Ahryo (peuple considéré comme des sorciers). Sa mère s’appelle Soyon et elle est la vétérinaire responsable de l’élevage et des soins des Toda, un animal mythique ressemblant à un serpent géant, avec des pattes pour courir très vite sur la terre ferme et avec des cornes que certains « cavaliers » utilisent pour le monter.

Tout bascule la nuit où tous les kiba (autre nom pour appeler un groupe de Toda qui appartient à une « armée »), qui étaient sous la protection de sa mère, meurent ! Soyon, la mère d’Érin est jugée seule responsable de la tragédie et est exécutée sauvagement sous les yeux de sa fille.

Érin s’enfuit du village et est retrouvée inconsciente par un apiculteur, loin de sa région natale. Jôn, l’apiculteur, la soigne, l’adopte et décide de l’élever comme sa propre fille.

Même si Jôn a tôt fait de comprendre qu’il a devant lui une petite fille très spéciale, c’est seulement des années plus tard, qu’Érin va découvrir qu’elle a un don particulier ! Elle sait communiquer avec une certaine espèce d’animal… un animal que jamais personne n’a pu s’approcher.

J’ai eu beaucoup de mal à fermer ce livre, j’ai été complètement absorbée par l’histoire, alors qu’il n’y a pas énormément d’intrigues ou d’énigmes. Les descriptions d’animaux mythologiques sont très bien faites, et j’ai même été embarquée dans la longue, mais agréable, description du métier d’apiculteur ! J’ai un peu moins aimé le passage sur les différentes castes et explications politiques qui en fait est la base de tout ça, mais l’avant et l’après sont tellement intenses que j’ai juste lu, digéré et « oublié » ce passage ennuyeux pour moi, mais indispensable à la compréhension de l’histoire.

Ce premier tome s’arrête brutalement ! Grrrr. Vite je vais essayer de me procurer la suite et fin des aventures d’Érin, car si vous aimez les animaux, si vous aimez les soins et l’étude des comportements animaliers, si vous aimez les contes et le Japon… ce livre est fait pour vous !

Thèmes : amitié, animaux magiques, mythologique, mythique, Japon, conte, légende, politique

Les contes, livres et écriture

J’aime les contes et quand il s’agit de livres sur ce sujet, je ne compte pas 😉

Je vais participer à un petit stage d’écriture de contes détournés, puis un peu plus tard, je vais raconter ce conte fabriqué de toutes pièces, avec mes mots, mes envies, mon imagination dans un autre stage de contes, mais à l’oral !

Mes doigts vont d’abord travailler, puis ma voix. Mettre en bouche puis en scène sa propre histoire est quelque chose de grisant, mon conte a plusieurs vies, comme les chats.

Pour ce faire, j’ai choisi quelques livres que j’aime bien, des livres que j’ai chez moi, que j’ai lus et relus pour certains. Je n’ai pas pris tous ces livres, car cela en aurait fait un peu trop… dans ceux-ci se trouvent des contes que j’aime beaucoup !

Et puis, un petit tour à Redu, et je déniche deux autres livres de contes.

Tout ça pour m’inspirer, pour calmer mes idées, pour canaliser des images qui se bousculent dans ma petite tête.

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