Roman jeunesse : La Légende du Blondinet (6)

Chapitre 6

La semaine suivante, les petits vieux de la maison de repos se retrouvaient à la place, près de la fontaine, pour une partie de Bingo en plein air. C’était la fête au village. Il y avait de la musique, des hot-dog, des jeux géants en bois pour les enfants et un tas d’autres activités bruyantes, mais amusantes. La météo était encore clémente, il ne faisait pas trop chaud, mais le principal était qu’il faisait sec. Cette fête annuelle allait généralement de paire avec pluie, comme si pour les nuages, il y avait cette tradition de pleurer ce samedi-là, à croire qu’ils n’aimaient pas les rires et les cris des enfants.

Tout à coup, un résident temporaire attrapa la main de Mathieu pour lui demander s’il voulait bien refaire ses lacets, car il avait du mal à s’abaisser. Il racontait à l’enfant un tas de sornettes sur la façon dont il s’était blessé, comment il avait vieilli et atterrit ici. Il disait tout ça en gardant fermement la main du petit blondinet dans la sienne. En même temps, il lui lançait un regard fou avec des yeux qui roulaient, qui s’agrandissaient, qui lui jetaient des éclairs de folie. Qui habitait au village connaissait ce vieillard. Il n’était pas méchant, mais son petit grain de folie lui donnait toujours un air de tueur. Peut-être aurait-il mieux valu laisser ce résident à l’intérieur de la maison de repos, mais il faisait si beau pour la fête, c’était si rare, que tout le monde voulait en profiter. Mathieu n’aimait pas le contact, il se sentait prisonnier et surtout il n’osait pas avouer qu’il ne savait pas faire des nœuds aux lacets… Il avait toujours des scratch à ses chaussures et ses parents avaient abandonné l’idée qu’il y parvienne un jour. Ils s’étaient dit qu’en étant moins derrière lui pour ces nœuds, il finirait bien par y arriver tout seul, un jour, il y arriverait quand lui le voudrait, quand il estimerait qu’il est important de savoir faire des nœuds. L’enfant se sentait mal, il ne parvenait pas à retirer sa main de celle du petit vieux. La force que l’homme ridé et maigre avait, l’impressionnait. Mathieu s’encourut maladroitement et en lorsqu’il enleva sa main de la poigne du petit vieux, il le fit presque tomber. Il courut droit devant lui, sans faire attention à tout ce monde qui grouillait autour de lui. Il vit tout de suite le marronnier de l’impasse des Mésanges se dresser juste derrière la ruelle interdite aux voitures. Il prit son élan, sauta, attrapa la première branche, grimpa comme un petit singe et alla se réfugier dans l’arbre. De là-haut, il pouvait voir la place de l’Orange et surtout le petit vieux qui rouspétait à son propos en levant un poing en l’air en guise de menaces. Encore haletant, le souffle court, il enrageait sur ce contact physique qu’il détestait… surtout quand la personne lui était étrangère, qu’elle avait une haleine de café froid et de cigarettes et un regard qui aurait très bien pu le transpercer… De son refuge en hauteur, Mathieu ne quittait pas du regard le petit vieux, il s’imaginait bien qu’il allait claquer devant lui, juste là sous ses yeux, qu’il s’étranglerait à cause de sa méchanceté. Oui, le petit garçon pensait ça, il aurait voulu que tout le monde sache que ce n’est pas parce qu’on est âgé qu’on pouvait faire n’importe quoi avec n’importe qui, juste pour faire comprendre au village entier qu’on ne touchait pas n’importe qui, n’importe comment… pas avec lui, Mathieu.

« Y a pas d’âge pour apprendre les bonnes manières… » enrageait-il de son perchoir.

Sur la place, une infirmière qui avait vu la scène demanda à Gustave de laisser les enfants tranquilles. Elle lui rappelait gentiment mais fermement qu’elle était là pour l’aider. Mais Gustave, lui, il n’écoutait rien. Il râlait. Il aimait bien fanfaronner et préciser qu’il faisait ce qu’il voulait, quand cela lui chantait. Il n’avait pas d’ordre de recevoir d’une infirmière qui n’était jamais là pour l’aider à faire pipi debout. Nonchalant, Gustave se dirigea vers la fontaine, s’assit sur son muret et enleva son chapeau de cow-boy. Avant de tremper son chapeau dans l’eau orangée, il s’assura quand même que la pharmacienne n’était pas loin… la pharmacienne, sa filleule ou sa nièce, il ne savait plus trop bien… Le principal était qu’elle n’était pas loin, avec ce qu’il s’était passée la dernière fois, avec cette gamine, sait-on jamais que lui aussi attrape des boutons partout, il n’apprécierait pas. L’attention de Gustave fut distraite par un chien qui jouait avec une balle et qui, pour ne pas la perdre, n’hésita pas à plonger dans la fontaine. Gustave, qui venait de plonger son chapeau dans la fontaine, releva le bras précipitamment. Il porta son couvre-chef à sa bouche pour boire l’eau de la fontaine, cette eau orangée qu’il n’était pas le seul à apprécier. Il ne faudrait pas qu’il avale des poils de ce clebs. Il détestait les clébards. Mais quelque chose de plus consistant que des poils glissa dans le fond de son gosier. Une pièce, une pierre ? Il n’en savait rien et il s’en foutait, car le plus important, est qu’il avala de travers ! Comme on le disait dans le milieu « il faisait une fausse route ».

Petit cours d’anatomie :

Dans la gorge, au fond, il y a deux « tuyaux » : l’un sert à avaler les aliments (liquides et solides qu’on a mâché auparavant), il conduit tout ça vers l’estomac. L’autre sert à respirer, et il transporte le Co2 pour terminer sa course dans les poumons.

Aujourd’hui, Gustave expérimenta l’autoroute du larynx, le deuxième tuyau… mais ce passage était interdit à toute chose autre que de l’oxygène. Et Gustave s’étouffa ! Il savait que quelque chose est passé par le mauvais trou. Il essaya de le faire sortir, mais il n’arriva pas à tousser, l’objet intrus bloqua carrément tout le diamètre du tuyau. Et tout alla très vite. L’infirmière qu’il avait envoyé balader quelques minutes avant n’était plus toute proche de lui, car elle aidait une autre résidente à manger un gâteau mou, un de ces délicieux gâteaux que la boulangère a préparé jeudi passé. Autour de la fontaine, il y avait peu de monde. Non pas que tous croyaient que l’eau était empoisonnée ou quoi que ce soit du genre, mais ils ne voulaient pas tenter le diable non plus. La pharmacienne était occupée dans son travail à renseigner une jeune maman sur les différentes sortes de lait maternisé qu’il existait et qu’elle vendait dans son officine.

Et Gustave continua de s’étouffer. Il n’allait bientôt plus souffrir, il n’avait plus d’air dans ses poumons et son cerveau était aussi privé d’oxygène par la même occasion.

Mathieu regarde son vœu se réaliser, sans sourciller. Savait-il seulement ce qu’il était vraiment en train de se passer ?

Gustave finit par s’effondrer sur le sol, le dos contre le mur de la fontaine, les fesses décharnées sur le sol chaud de la place de l’Orange. Ses paupières étaient restées ouvertes. Mathieu, toujours perché dans son arbre, était trop loin pour discerner ce détail, mais il était le seul à remarquer une fumée orange, discrète et légère, sortir de la bouche du vilain bonhomme.

La pharmacienne fut une nouvelle fois appelée à la rescousse pour tenter de réanimer le pauvre Gustave, son oncle ! L’infirmière qui arriva en même temps qu’elle n’avait pas tout compris. Gustave embêtait un petit garçon, puis un chien jouait avec une balle et, soudain, Gustave se serait évanoui ? La pharmacienne leva les sourcils, elle ne pouvait plus rien faire pour le petit vieux, pour ce vieux ronchon d’oncle grognon. Son cœur avait cessé de battre !

La partie de Bingo fut interrompue. La musique s’arrêta également. Les enfants, même les plus jeunes cessèrent de rigoler, ils comprirent que quelque chose de grave venait d’arriver. Un médecin, puis un policier arrivèrent sur la place, constatèrent la mort du vieux monsieur. La fête termina plus tôt que prévu, avec beaucoup de discussions, de questions, de craintes. Une grande voiture noire tarda à emporter le corps. Puis le temps passa. Deux heures et demie s’écoulaient dans le calme. Les résidents s’échangeaient des souvenirs sur Gustave, sur son comportement qui n’était pas toujours approprié, sur sa présence pas toujours appréciée. Il ne manquerait à personne, pas de femme, plus de frère, pas d’enfant, juste une nièce ou une filleule le pleurerait. Peut-être.

Mathieu descendit de son arbre quand les villageois commençaient à se disperser sur la place de l’Orange. Il pensa à rentrer chez lui. Ses pas songeurs le conduisaient à passer par le cimetière des animaux. Il traversait les allées sans s’arrêter pour voir s’il trouvait un autre cadavre de rongeur ou d’oiseau. Il était occupé à se demander s’il avait vraiment un pouvoir sur la vie et la mort des gens quand il tomba dans un trou profond. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il se promenait dans ce cimetière, et pourtant, jamais il n’avait vu ce trou. Il n’avait même pas le temps de se demander d’où venait cette crevasse qu’il perdit connaissance en heurtant sa tête contre une énorme pierre, à trois mètres de profondeur. La chute fut rapide et allait avoir de graves conséquences.

Mathieu avait déjà vécu ce moment… Dans un rêve, ou dans une autre vie ?

Publicités

Roman jeunesse : La Légende du Blondinet (5)

Chapitre 5

À la maison, chez Juliette et André, c’était un peu l’effervescence. Le comportement de Lisa avait changé du tout au tout. De la fille joyeuse, fonceuse et dynamique, elle était devenue peureuse, renfermée et carrément paranoïaque. Elle n’osait carrément plus sortir de chez elle, et si elle voyait ou si elle sentait une orange, elle était prise de tremblements incontrôlables.

Quant à Mathieu, il ne comprenait rien à la situation mais tant que ça ne l’avait pas touché, il n’en avait cure. Il avait un peu pitié pour Lisa, mais en la voyant râler sur tout et sur rien, il s’était dit qu’elle s’en remettrait vite. Et il avait raison… comme toujours… C’était énervant à la fin !

Moins de 48 heures après l’incident, le calme était de retour au village. Ou presque. En effet, la fillette qui avait eu cette spectaculaire allergie à cause de l’eau de la fontaine était complètement remise physiquement. À présent, tout se jouait dans sa tête, et c’était le cap le plus difficile à passer. Si les douleurs physiques pouvaient être arrêtées ou réduites grâce aux médicaments et à la médecine, réparer un souvenir pénible qui laissait des traces indélébiles de terreur était plus long à soigner. La guérison n’était pas certaine. L’enfant aurait pu mourir si la pharmacienne n’avait pas eu les gestes qui l’avaient sauvée. À 10 ans, un enfant réalise que la vie ne pouvait tenir parfois qu’à un fil.

Sur la place de l’Orange, tout était donc redevenu comme avant, sauf que les habitués remarquaient qu’il y avait quand même moins d’enfants présents autour de la fontaine en ce mercredi après-midi, où la plupart des élèves étaient libres de faire ce qu’ils voulaient de leur temps.

La pharmacienne avait également changé ses petites habitudes. Même s’il n’y avait qu’elle pour le remarquer, la boîte d’antihistaminique et la bouteille d’eau avaient à présent une place bien précise à côté du téléphone, à l’abri de la lumière, juste sous le comptoir, à la caisse. Un petit papier avec un tableau et des chiffres était également scotché à l’arrière de la boîte de médicament. Il ne faudrait pas donner une dose trop forte ou trop faible à la victime d’allergie si cela devait encore se reproduire… Comme pour tout médicament, le dosage variait en fonction du poids de la personne.

De son côté, le petit frère avait pour ainsi dire un nouveau visage lui aussi. Même si sa première réaction à la fontaine avait été la panique et son premier sentiment l’angoisse, aujourd’hui, quand il voyait sa sœur, il n’avait plus cette boule au ventre qu’il traînait à chaque fois qu’il se trouvait en sa compagnie. La tension qui était autrefois présente, subtilement, s’était transformée en quelque chose qui tiraillait moins. La boule s’était défaite, elle s’était ouverte, la couleur noire qu’il associait à leurs disputes fréquentes avait modifié sa couleur, elle était orange à présent. Mathieu avait beau savoir qu’il aimait un peu Lisa (quand elle ne lui criait pas dessus, qu’elle ne piquait pas ses affaires et qu’elle ne le giflait pas), savoir qu’il avait une arme d’une efficacité redoutable contre elle, à portée de main, le soulageait quand même. Oui, ça le rassurait, même s’il pensait qu’il ne devrait jamais s’en servir, car il se ferait gronder pour de bon, savoir qu’il pouvait enfin avoir le dessus sur cette fille qui faisait le double de son poids lui procurait un bien-être indescriptible.

Et de tout ces sentiments invisibles, imperceptibles, il y en avait un, un seul, qui se laissait voir comme un poireau poilu sur le nez crochu d’une vilaine sorcière : l’assurance d’avoir le dessus à la prochaine dispute donnait à Mathieu un nouveau sourire en coin.

Et ce sourire particulier, Sean l’avait démasqué ! Quand l’enfant croisait le regard de l’épicier ce mercredi après-midi, ses yeux ne fuyaient plus. Mieux, ils fixaient et ils brillaient d’une nouvelle vie, d’un nouveau souffle.

La fin de cette première semaine d’école sonnait. Lisa n’était toujours pas retournée en classe, et Mathieu pouvait déjà sortir tout seul de l’établissement scolaire. Mathieu ne remarqua pas le geste de l’épicier qui l’invitait à venir retirer une petite boîte dans son magasin. Non, Mathieu marchait la tête légèrement baissée et regardait au sol toutes les bestioles qui croisaient son chemin. Une averse locale de dix minutes venait juste de mouiller la route et quelques escargots en profitaient pour sortir la tête et faire une balade. L’enfant ne supportait pas le bruit que pouvait faire une coquille écrasée par un pied, surtout quand il s’agissait de son pied. Alors, par temps humide, plus rien n’avait d’importance aux yeux de Mathieu. En évitant chaque coquille, en sauvant quelques bestioles imprudentes qui avançaient inconscientes sur la rue ou au milieu du trottoir, il comptait le nombre de gastéropodes en marquant un trait dans son petit carnet qu’il gardait toujours dans l’une de ses poches de pantalon. Parfois, quand il y en avait un qui avait une belle coquille, rouge-orangée par exemple, celui-là, il le prenait dans sa main et lui chuchotait quelque secret. Ensemble, ils avançaient silencieusement, jusqu’à ce qu’un autre escargot devait attirer son attention. Alors, il faisait un échange. Il déposait le premier juste devant les antennes de l’autre et prenait ce dernier à son tour dans la main. Ainsi de suite, il en allait de même quand il arrivait chez lui, un peu plus tard que d’habitude. Dans sa chambre, Mathieu a ait transformé un vieil aquarium en refuge pour escargots. Un jour par semaine environ, il rajoutait à sa collection un nouvel ami rampant et gluant. C’est qu’en Belgique, il était rare qu’il ne pleuve pas deux semaines d’affilée ! Et quand il trouvait qu’il y en avait trop dans son terrarium, il reprenait son carnet et vérifiait lequel était arrivé le plus tôt. Il s’assurait que sa coquille était intacte, puis il allait lui rendre sa liberté en le posant tout aussi délicatement dans un coin de son jardin.

On ne le dirait pas, mais ces petits animaux étaient tous différents. La taille et la couleur du pied, mais aussi la taille, la forme et la couleur de la coquille. Était-ce une simple coïncidence si dans son abri à escargots, la couleur orange dominait nettement ? Serait-ce là un indice pour Lisa, un avertissement comme quoi elle était interdite dans la chambre de son petit frère ? Que si elle passait quand même sa porte malgré le sigle peint et qu’elle venait fouiner chez ses amis, elle se ramasserait une nouvelle allergie ? Oui, ça se pourrait bien ! Mathieu n’était jamais assez prudent quand il s’agissait de défendre sa propriété privée de l’envahissement de sa sœur.

Le samedi arriva à la vitesse d’escargot pour Mathieu. Pendant qu’il observait le numéro 4, un individu de taille moyenne avec une cicatrice signifiant la réparation récente de sa coquille jaune lignée de brun, Lisa se couvrait des pieds à la tête afin que personne ne puisse voir la dernière trace orange qu’avait laissé l’eau de la fontaine sur l’intérieur de son coude droit. Si une tache de la taille d’un point de beauté et de la forme de goutte restait aussi sur l’une de ses joues, celle-ci pouvait encore passer inaperçue parmi toutes les taches de rousseur que comptait le visage de la jeune fille. Lisa n’était pas dérangée par celle-ci, mais bien par l’autre, bien plus grande qui nichait au creux de son coude et qui la démangeait parfois encore quand elle la regardait trop longtemps.

Ce samedi, Lisa s’était levée de mauvaise humeur. La veille au soir, en la couchant, ses parents lui avaient annoncé qui lui faudrait bien reprendre les cours dès lundi. En tirant une tronche jusque par terre, elle allait frapper à la porte de la chambre de son petit frère pour lui demander de bien vouloir lui donner les devoirs que son institutrice lui avait remis. Lisa aimait beaucoup l’école et même si elle boudait uniquement pour la forme, elle était contente à l’idée de revoir ses nouvelles copines. La seule chose qui l’ennuyait, c’était cette tache à son bras. Malgré le fait qu’elle avait souvent chaud et qu’elle s’habillait toujours légèrement, surtout en cette fin d’été, elle avait mit un t-shirt à manches longues pour qu’elle ne soit pas obnubilée par la forme informe orange au creux de son coude. Elle se disait justement qu’elle devait demander à ses parents de lui en acheter d’autres, de ces t-shirts à longues manches, quand elle remarqua une ombre bouger à la porte d’entrée !

Bien qu’il était 9 heures passées et que tout le monde était réveillé dans la maison, Lisa alla quand même se cacher derrière la tenture qui fermait le hall d’entrée. Malgré la peur qui l’empêchait de bouger de là, elle ne pouvait éviter de jeter un œil à la porte, priant dans sa tête pour que ce soit la factrice, sa voisine. Mais le bruit de la sonnette tant attendue ne vint pas ; il n’y avait ni enveloppe glissée sous la porte, ni petit mot coulissé par la boîte aux lettres. Après un temps qui lui paraissait interminable, l’ombre mouvante s’en alla. En lieu et place du jeu de lumière qui l’effrayait tant, une autre silhouette prit place. Celle-ci était fixe et petite, toute petite. Ce quelqu’un qui était là juste derrière la porte venait de laisser un objet par terre. À présent que « ça » ne bougeait plus, Lisa recula sans pour autant quitter du regard la forme noire qui attendait derrière la porte.

— T’as vu un fantôme ou quoi ?

Lisa sursauta ! Mathieu était arrivé comme à son habitude telle une petite souris, sur la pointe de ses pieds, en chaussettes. Elle voyait bien qu’il se moquait d’elle. D’habitude, elle l’aurait bousculé ou donné une réponse cinglante. Pas cette fois-ci. Oubliant ce qu’elle devait lui demander, elle se dirigea plutôt vers la cuisine où ses parents étaient attablés, occupés à dresser la table et préparer le petit déjeuner. Elle avait tout juste eu le temps de leur dire que quelqu’un venait de déposer un colis devant chez eux, sans sonner, qu’elle entendit son petit frère ouvrir la porte d’entrée. Avec une ouïe aussi fine que celle des chauves-souris (Mathieu dirait qu’il entendait aussi bien que Krokmou, la Furie Nocturne géniale dans la série des Dragons, défenseurs de Beurk), son petit frère sautilla dans la maison, passa la tête à la cuisine pour prévenir qu’il allait dans sa chambre.

— J’ai reçu une nouvelle boîte de « vous-savez-qui », je mangerai plus tard, je n’ai pas faim pour le moment.

Lisa eu des frissons rien qu’en pensant que c’était l’étrange épicier qui était là juste derrière la porte, à moins de trois mètres d’elle. Pourquoi ne savait-il jamais sonner comme tout le monde ? Pourquoi fallait-il toujours qu’il dépose de petites boîtes devant leur porte comme si c’étaient de véritables trésors ? Et puis pourquoi tant de mystères à propos de ces boîtes ? Qu’y avait-il à l’intérieur ?

Juliette et André fronçaient les sourcils. Cela faisait la deuxième fois que leur fils recevait un colis de cet homme pour le moins bizarre, alors qu’ils ne le connaissaient pas vraiment et qu’ils étaient là depuis moins de 3 mois ! Auraient-ils été rassurés sur ce fait si l’expéditeur n’était pas un parfait inconnu ? A l’heure où tant de choses peuvent se passer, le couple était vraiment inquiet au sujet du contenu de ces boîtes. Devaient-ils obliger leur fils à tout leur montrer ? Ne pouvait-il pas garder un secret ? Son premier secret ?

Mathieu, lui, était excité. S’il n’avait pas encore osé approcher spontanément l’épicier pour le remercier (ça ne lui viendrait même pas à l’idée de lui dire merci tant ces cadeaux lui semblaient « naturels » pour lui), il savait qu’un regard suffirait pour lui signifier qu’il avait bien accusé réception de la boîte et qu’il appréciait. Le petit canif en main, le blondinet ouvrit la boîte exactement de la même manière méticuleuse que la première fois. Il souleva le mouchoir et découvrit avec fébrilité l’identité du paquet d’os : un oiseau ! À la vue de la taille du nouveau spécimen, Mathieu n’avait aucun doute, il s’agissait bien du squelette d’un bébé oiseau, sans doute une mésange ou un moineau.

« Une mésange qui serait tombée du nid, que ça ne m’étonnerait pas » pensa-t-il en associant l’image d’une mésange à un arbre particulier du village.

Il ne s’imagina même pas un canari ou autre piaf domestique enterré dans le cimetière, presque en face de chez lui. Après tout, n’avait-il pas raison ? Qui irait enterrer un bébé canari ?

La légende du Blondinet

Alors que je me tâte dans la relecture, correction et mise en page de mon conte « La princesse et l’araignée », je me surprends à lire sur ma liseuse, mon roman jeunesse écrit il y a deux ou trois ans !

Ce roman avait commencé grâce à un atelier d’écriture de et avec Stephane Van Hoeck : un village sans (100) histoires. Et j’avais eu envie de poursuivre l’écriture lors d’un challenge personnel où j’avais décidé d’écrire 50.000 mots en un seul mois de juillet. (Camps Nano mais j’ignorais qu’il existait de tels camps 😂)

Je pense que cela doit bien faire deux ans que je ne l’avais plus ouvert ce tapuscrit…

C’est sur ma liseuse, après avoir « fermé » mon dernier livre que je lisais  » Changer l’eau des fleurs », que je l’ai vu dans ma liste et que j’ai commencé sa lecture.

Malgré les fautes de temps, les fautes de mots, de conjugaison et d’orthographe, cela vous tenterait-il de le lire ici sur mon blog, petit à petit ?

Pour faire d’une pierre, deux coups, j’ai envie de vous demander de partager cet article avec cette demande. Ainsi, si je récolte plus de 10 avis positifs à chaque fin de texte, je mettrai la suite.

Cette demande particulière me permettra de poursuivre la publication gratuite de mon histoire au travers l’existence de ce blog.

Je pourrais imaginer également des petits jeux en lien avec cette histoire. Vous demander de deviner ce qu’il va se passer, comment va réagir un personnage, ce que vous auriez fait à sa place, etc.

Si vous voulez lire cette histoire, laissez-moi un commentaire soit sur cet article sur le blog ou sur Facebook, dans ma page « ecrimagine » ou même via Instagram, ou encore par mail (via formulaire de contact).

Dès que j’aurai 10 demandes de lecture, je lancerai le début de l’histoire, de la légende.

Dans la rubrique : 1 mois pour écrire un roman, en cherchant un peu, vous pourrez déjà débuter la lecture du 1er jet de ce roman jeunesse 😉

Un recueil en vente pour réaliser le rêve d’un enfant malade

Voilà, je viens de me décider de prendre en charge les frais d’envoi (+ l’achat d’enveloppes) pour nos amis belges qui souhaiteraient acquérir notre 6ème recueil des Anthologies Éphémères 🙂

Soit 15 euros le livre + 5 euros pour les frais d’envois depuis la Belgique vers la Belgique.

Pour cela, rien de plus simple : envoyez-moi un mail (clic) et je vous dirai comment faire. J’attendrai la fin du mois de mai pour passer la commande, ne soyez donc pas trop pressé 😉

20 euros en tout pour ce très beau recueil et vous participez à réaliser le rêve d’un enfant malade : 1000 MERCIs !

Voici la couverture que je trouve toujours super réussie : intégrer les noms de la centaine des participants n’est pas toujours évident : merci Solyzaan !

couverture 6eme anthologie_metiers improbables

 

Les Anthologies éphémères : volume 6 : métiers improbables

Ça y est ! Les souscriptions commencent pour notre 6e recueil : youpie 🙂

130905_Anthologies.jpg

Les Anthologies éphémères regroupent des auteurs, illustrateurs, blogueurs, personnes au grand cœur. Ces personnes, sans toutes se connaître, sont réunies dans un livre dans le seul but d’aider à réaliser le rêve d’un enfant, de plusieurs enfants, malade.s.

C’est avec plaisir que j’ai une nouvelle fois participé avec un court texte mettant en scène une Souffleuse d’origami.

Nous en sommes à notre sixième livre en huit ans. Soit environ 1.370 livres vendus pour +/- 11.000 € reversés à l’association Rêves. En partenariat avec l’association française Rêves et autoédités, la vente de nos livres à déjà permis de réaliser partiellement ou totalement 7 rêves d’enfants malades. *

Alors, si vous souhaitez participer à cette belle cause, si vous habitez en Belgique, je peux regrouper les commandes afin de diminuer les frais d’envois et augmenter notre marge bénéficiaire. Chaque livre coûte, hors frais postal, 15 euros.

Répondez en commentaire ou envoyez-moi un mail pour me préciser le nombre de livres désiré. Je calculerai le prix pour un envoi postal… ou pas ! Si vous habitez Liège, une remise en main propre est même préférable 😉

Je passe commande pour la fin mai. Détails pour tout cela en message privé.

MERCI aux 108 auteurs, illustrateurs, blogueurs et toutes ces personnes au grand coeur de s’être investis, hier, aujourd’hui et demain, dans cette aventure. Les couvertures sont toujours magiques, l’illustratrice et imaginatrice de ces couvertures s’applique toujours à faire apparaître tous les noms des personnes qui ont participé à chacun des recueils, que nous soyons 50 ou plus de 100 !

MERCI à vous lecteurs qui, par votre achat de livre, participez également à la réalisation de ces rêves d’enfants.

N’hésitez pas à partager.

* plus de détails sur nos actions clic ici

 

anthologie_ephemeres_TBE

Tous nos livres sont disponibles sur The Book Edition

Polly Shulman : romans jeunesse à lire

20190416_164158

Voici trois livres que mon papa m’a offert pour me féliciter d’avoir retrouvé un autre travail si vite  😉

Des romans jeunesse, pour jeunes adolescents à partir de 10 ans je pense. Mais, pour connaître les origines des personnages et de l’univers de ces livres, je pense qu’ils ne plairont pas qu’à moi, adulte !

J’avoue que j’ai craqué simultanément sur les titres, l’illustration graphique des couvertures et des résumés.

Photos des 4ème de couverture : (clic pour voir et lire en plus grand)