La tige verte

Voilà mon petit animal inventé à l’occasion de mon jeu d’écriture n°2.

La tige verte

Bernard n’en revient pas ! Voilà des jours qu’il est là, à 4 pattes, à farfouiller le sol à la recherche d’un soi-disant animal hyper rare et la bestiole est là juste sous ses yeux, dans son propre jardin ! S’il avait connu l’histoire des enfants qui avaient été rétrécis, peut-être aurait-il directement cherché dans l’herbe de son jardin et gagné ainsi quatre jours, épargnant par la même occasion ses genoux en compote et ses yeux fatigués. Mais Bernard ne regarde jamais la télévision et s’interdit de lire un roman qui a été tiré d’un film.

Il est donc là, assis près de son jardin, ses fesses posées sur le bord de la dernière marche de l’escalier qui sépare l’entrée arrière de sa maison, par la cuisine, de son terrain de 6 mètres carrés. Avec une loupe, il scrute son gazon qu’il aurait dû tondre la semaine dernière. Hautes de 20 centimètres, les tiges vertes dansent au gré du vent léger qui souffle dans l’air.

– Des cheveux ! L’herbe, c’est sa tignasse !! Ce sont leurs tignasses ! dit Bernard en touchant ses cheveux hirsutes, bruns foncés, absolument pas coiffés ni coupés.

Bernard n’en revient pas ! Voilà des heures qu’il est là, à 4 pattes, à admirer le sol à sourire devant l’animal hyper rare… la bestiole en question, les bestioles sont là juste sous ses yeux, dans son propre jardin ! Chacun de ces minuscules animaux ont en effet des cheveux verts sur leur tête brune. Des tiges, des brindilles semblables à de l’herbe, tant par leur forme, que par leur couleur et même leur texture. Pas étonnant qu’ils passent inaperçus. Ils se confondent si bien dans le paysage que si ça se trouve, Bernard en a déjà écrasé quelques-uns… Il en est absolument sûr, ces animaux qui étaient classés dans la catégorie des raretés peut dès à présent sortir de la liste rouge des espèces menacées d’extinction. Bernard en est convaincu : tout le monde qui a un jardin doit abriter une dizaine si pas une centaine de ces petites créatures particulières.

L’homme sort son appareil photo de sa sacoche, choisi sur la roulette le menu « macro » afin d’immortaliser cette chose et la rendre ainsi moins inconnue aux yeux de tous. Dans sa tête, Bernard créé la fiche d’identification de l’animal :

« D’une taille dépassant rarement les 4 centimètres, il a le dessus de la tête verte comme de l’herbe, un visage de forme variable, mais de couleur unie, brune, sans oreille apparente. De petits tubercules informes peuvent servir de pattes antérieures, sans doigts ou griffes, l’animal est inoffensif. On ne le voit pas du premier coup, et je suppose que je le découvrirai si j’en prends un dans ma main, mais les pattes postérieures sont dissimulées dans la terre du jardin, sans doute comme autant de racines souples et agrippantes que celles des plantes envahissantes. »

Il en est là dans l’élaboration de sa fiche, quand il se rend compte que la mise au point de son appareil patauge… impossible de faire la netteté sur le visage, pour saisir les yeux noirs et brillants, le nez ridiculement petit ou la bouche souriante qui semble se moquer de lui.

« Cri ou chant inconnu, mais semble être douée d’une intelligence certaine. »

Avec son pouce et son index, Bernard simule une pince pour attraper un des sujets et l’observer de plus près afin de vérifier son hypothèse sur les pattes arrières et découvrir si l’animal peut être rangé chez les minis-mammifères ou plutôt, ce qui est fort probable, chez les insectes. Mais au moment où il veut en capturer un, ses doigts se referment sur une petite touffe d’herbe banale ! Il a beau se concentrer, viser, jeter ses doigts et pincer, chaque tentative se solde par un échec.

À quelques mètres de là, sa voisine l’observe d’un bien étrange air… mais Bernard ne la voit pas, il n’a d’yeux que pour ces bestioles qui commencent à lui courir sur le haricot ! Si au début, le petit jeu semblait amusant, jouer au chat et à la souris lui fait rapidement perdre patience.

Une idée horrible commencer à germer dans son esprit. Une idée qui le fait sourire, car il est presque sûr de gagner : la tondeuse viendra à bout de ces mauvaises herbes, qu’elles soient animales ou végétales, cette espèce ne fera plus de longues brindilles.

Et Bernard part dans un éclat de rire gras.

Textes d’autres participants :

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2 réflexions sur “La tige verte

  1. Francine Desterck 10 août 2017 / 10:01

    Hihi! drôles de bestioles en effet, je vois bien Max accroupis en observant l’herbe à la recherche de bêbêtes:-)) bises

  2. Kimcat Béa Riot 10 août 2017 / 1:46

    Ton texte est très original…
    Merci pour l’ajout du mien
    Bises Cécile

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