Le chien fait la loi dans la maison de…

Samedi passé, je me suis amusée avec la Fabrique à Histoires de Bernard Friot. Je voulais écrire quelque chose, mais je ne savais pas très bien quoi… alors j’ai pioché ceci.  Ceci est mon second texte, car je n’aimais pas le 1er…

jeu Bernard Friot

Une phrase de début, en gras, et une phrase de fin, aussi en gras pour vous indiquer les contraintes que j’ai choisies pour commencer et terminer l’histoire. Avec une ligne de conduite avec la carte  » Le chien fait la loi dans la maison de Monsieur Longuet« .

Bonne lecture  🙂

Il était une fois un chat, caché derrière un rideau, qui guettait l’arrivée du chien. Dans cette maison, celle de Monsieur Longuet, c’était le chien qui faisait la loi. C’est lui qui disait quand il devait sortir, quand il fallait préparer à manger, quand il fallait enfermer le chat dans la pièce à l’autre bout de la maison gigantesque. Oui, c’était lui qui dictait tout. Son maître se pliait en quatre pour satisfaire les moindres volontés de son ami canidé.

Quant au félin, qui était considéré comme trois fois rien. Il n’était là que pour décorer, et parfois chasser quelques souris indésirables et riquiquis qui ne satisfaisaient jamais son appétit insatiable.

Donc quand le chien était parti, le chat dansait sur sa tête, et faisait ce que bon lui semblait. C’est-à-dire à la fréquence de deux à trois par jour, selon l’humeur de chien de son ennemi juré.

Un jour pourtant, durant un sale week-end pluvieux, un étrange bruit était apparu dans le grenier. Sourd comme un pot, le chien dont l’ouïe ne faisait que se dégrader au fil des années, ne remarqua rien. Le chat, un peu rond mais toujours en grande forme pour faire les quatre cents coups, n’avait pas été dupe. Il y avait bel et bien un fantôme sous le toit de la maison. Pourquoi et comment n’y avait-il pas fait attention plus tôt, c’est un autre mystère. Toujours est-il que ce week-end, le chat s’arrangea pour embêter le clebs afin que celui-ci aboie trois fois. Trois aboiements signifiaient au maître qu’il était temps d’enfermer cette stupide boule de poils.

Ce que chat veut, le chien le veut aussi. C’est de la sorte que le chat se retrouva enfermé toute une journée et toute une nuit dans la pièce la plus sombre de la maison.

De la maison… la maison ? Du château vous voulez dire ! En effet, Monsieur Longuet avait racheté ce vieux château. Comme dans les bons livres et les bons films, personne avant lui n’avait voulu de ce bien immobilier en raison, paraît-il, de la présence d’au moins un fantôme. Mais voilà six mois qu’ils habitaient là à présent, et ni Monsieur Longuet, ni le chien et ni le chat n’avaient eu affaire à quelque fantôme que ce soit. Jusqu’à ce matin…

Le matou n’avait pas prévu de rester aussi longtemps dans ce cagibi, mais il ne pouvait plus voir ce chien en peinture.

Tic, tic, tic. L’étrange bruit bizarre était à nouveau là. Cette pièce était idéalement située pour entendre parfaitement tout ce qui pouvait se passer au grenier.

RRRRRrrrr. Rrrr. Un autre bruit, plus doux, comme un minuscule moteur, se mit en fonction.

De plus en plus bizarre…

Aussi, rusé comme un chat énervé par un chien, le félin qui avait décidément plus d’un tour dans ses pattes, avait rapidement compris d’où venaient ces bruits mystérieux.

Oui, il y avait bien un fantôme, mais pas n’importe lequel, celui d’un chat ! Celui du Chat Botté ! Oh, pas celui des contes de fées, non, un autre. Oui, tu as bien lu. Il existe bel et bien plusieurs chats bottés. Celui-ci, enfin, le fantôme, était chaussé de bottes de cow-boy vertes. Le vert lui allait très bien d’ailleurs, car c’était aussi la couleur de ses iris. Il avait été tué dans d’horribles circonstances, voilà déjà plus de trois ans et demi. Durant tout ce temps, il n’avait vu pas âme qui vive, tout le monde avait déserté ce vieux château suite aux nombreux et mystérieux décès qui s’étaient succédés chez les animaux du manoir. Au début, les maîtres des lieux n’avaient vu là qu’une étrange coïncidence, mais quand le nouveau poisson rouge du Prince avait disparu à peine deux heures après son arrivée, toute la grande famille avait déménagé, loin, très loin du château qui portait malheur.

Notre chat, le pauvre qui était enfermé dans cette pièce juste sous les toits, s’emballa immédiatement.

— Eh ! Oh ! Oui, toi le fantôme ! Tu ne voudrais pas devenir mon ami, ici ?

Au début, le Chat Botté, son fantôme, s’immobilisa et cessa de respirer. Bien qu’il ne respirait déjà plus depuis longtemps, il faisait toujours comme s’il était vivant car c’était bien la première fois qu’il rencontra un camarade qui croyait aux fantômes. Il ne savait pas que penser de la question. Un ami ? Pourquoi faire ? C’était ça sa mission ? Se faire un ami ou aider un ami ?

Comme il ne répondit pas immédiatement, notre chat reposa la question, d’une autre façon :

— Bon, je ne sais pas qui tu es, ni comment tu es parti au paradis ou plutôt resté coincé ici, mais si tu aimes autant les chats que moi, par pitié, réponds-moi !

Le Chat Botté savait qui avait posé la question, lui, il voyait tout, et savait à peu près tout également de ce qui se passait sous son toit. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’il s’était amusé à faire un peu de bruit afin d’attirer l’attention du matou vivant, afin qu’il sache qu’il n’était pas tout seul ici. Mais entre le fait de savoir et de soutenir moralement un copfélin et communiquer avec celui-ci, il y avait une différence pour notre Chat Botté. Surtout que personne ne lui avait expliqué comment il devait faire pour travailler en tant que fantôme ? Quelle était sa fonction ? Et comment devait-il s’y prendre ?

Pour ne pas griller sa couverture, il émit un petit miaulement digne d’une chatte qui gémit quand on l’embête un peu trop.

— Un chat ?! Tu es le fantôme d’un chat ? demanda notre chat bien vivant qui écarquilla les pupilles comme seuls les chats savent si bien faire dans la pénombre. Même s’il s’en doutait, savoir qu’il avait raison lui donna confiance en lui.

— Ben oui, ch’suis pas un chien quand même ! rétorqua tout de go le Chat Botté qui en avait oublié sa timidité passagère.

— Oh, me parle pas de chien, ou plutôt si, parlons d’un chien, d’un seul : celui de cette maison !

Le Chat Botté, interloqué qu’on lui parle sans peur ni reproche, qu’on ne lui pose pas 36 mille questions sur son état, son passé, son avenir, se prit rapidement d’amitié pour le poilu vivant.

— Je sais tout ce qu’il te fait subir ! Je suis là depuis le début, mais bon, il est quand même grand et gros ce clebs. Même si je t’aide, à deux, on ne fait pas le poids, surtout moi avec mon poids plume…

— Bon, si tu es au courant de tout, tu sais que je suis un adepte de Tom et Jerry ? Eh bien, figure-toi qu’on pourrait appliquer toutes ces farces à ce gros bêta de clébard.

Et c’est ainsi que nos deux compères rendirent la vie impossible à ce gros chien qui voulait toujours faire la loi.

Après quelques mésaventures et visites chez le vétérinaire, Monsieur Longuet décida de déménager. Le chien suivit bien sûr, c’était le conseil du vétérinaire, mais le chat qui s’était caché pour ne pas se faire attraper, resta donc là, trop heureux d’être enfin débarrassé du chien.

Plus aucun humain n’osa visiter ce vieux manoir, car il était désormais habité par des centaines de chats heureux et désireux de rester les maîtres de ces lieux.

Le Chat Botté accepta sa situation de fantôme aidant les vivants et s’envola pour d’autres cieux secourir de nouveaux chats persécutés.

Depuis ce jour, que plus aucun fantôme n’est venu hanter le vieux château, ce vieux château.

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2 réflexions sur “Le chien fait la loi dans la maison de…

  1. cigalette 27 février 2017 / 9:36

    Oh quelle imagination mais une belle histoire, bonne journée

  2. Kimcat Béa Riot 28 février 2017 / 5:17

    J’ai adoré ton histoire, tu t’en doutes !!!!!!!!!
    Quelle plume imaginative !
    Bisous
    Béa kimcat

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