La légende du Blondinet – 1

Je me lance, voici le début de mon histoire que j’ai écrite en juillet. L’histoire d’un village, d’une légende, d’un enfant qui apparaît et un autre qui disparaît, etc.

Il y a certainement encore des fautes, mais ce que j’aimerais surtout savoir et avoir comme retour, c’est votre avis sur l’homogénéité du texte, de l’histoire en générale. Parfois, j’avais une idée un jour, puis le lendemain, en écrivant, une autre est venue et j’ai pu parfois oublier la première idée… il peut donc y avoir des incohérences (j’en ai déjà trouvé 2 !!)

La légende du Blondinet

Chapitre (morceau) 1 :

Mathieu avait 8 ans quand il a déménagé dans le petit village Le Blondinet. Avec sa sœur de 2 ans son aînée et ses parents, ils avaient quitté la ville cet été pour venir s’installer dans ce petit coin de campagne, loin du bruit urbain et de ses activités bourdonnantes. Au début de ces vacances, tout ne se passait pas comme prévu : il y avait d’abord eu son père qui s’était fracturé une épaule dans une chute et qui du coup n’était pas très présent. Puis, il y avait eu Vicky, le chat d’habitude le plus cool des deux, qui avait eu trop peur et qui était presque mort de stress. Ensuite, Mathieu avait dû voir un dentiste en urgence pour lui arracher une dent de lait en souffrance sur laquelle il était tombé quelques mois plus tôt et qui avait donné vie à un abcès phénoménal dans la gencive. Et enfin, pour terminer, sa maman venait d’apprendre qu’elle devait bientôt séjourner quelques jours à l’hôpital pour une opération imprévue. Pour Mathieu, c’en était trop. Hypersensible, déboussolé au moindre changement dans son quotidien, l’enfant se sentait mal et cherchait un endroit sécurisant où il se sentirait en confiance et où personne ne pourrait le déranger. Un endroit où lui seul pourrait avoir accès, un endroit secret qu’il serait le seul à connaître.

Un mois à peine après le déménagement, et donc deux semaines avant la rentrée des classes, Mathieu demanda à son père s’il pouvait aller tout seul à la place du village. Il avait vu une drôle de fontaine à l’eau orangée et cette curiosité l’interpellait. Pour André, la demande de son fils semblait étrange, car jamais il n’avait osé, jusqu’ici, aller vers les autres tout seul, découvrir l’inconnu sans donner la main à sa mère. Mais sa mère n’était pas là. André avait encore trop mal à l’épaule pour s’habiller et l’accompagner jusqu’à cette place qui ne se trouvait pourtant qu’à 5 minutes à pied de leur maison. Alors, André eu une idée.

— Tu peux y aller à condition que Lisa t’accompagne. Tu restes avec elle et vous revenez pour le dîner, lui dit-il sans lui laisser le choix.

Mathieu et Lisa ne s’entendaient pas très bien. Dans la tête du blondinet, un plan pour tromper sa sœur se mit rapidement en route.

— D’accord, mais je ne veux pas lui tenir la main.

C’était sur cet accord que les deux enfants partaient tout seul à la découverte de leur nouveau village Le Blondinet. Sur le chemin Lisa lui fit peur en lui racontant la légende selon laquelle le village tenait son nom à cause d’un garçon blond qui avait mystérieusement disparu sur la place, cette même place où ils se dirigeaient. Lisa n’oublia pas de préciser que cet enfant pouvait réapparaître quand il y avait de la brume.

— Il était blond comme toi et avait à peu près ton âge. Bouuuhhh ! Attention à ne pas t’approcher de ce puits interdit, sinon, tu disparaîtras toi aussi à jamais, dit sa sœur en levant les bras, mimant un fantôme.

Mathieu enrageait intérieurement. Lisa savait qu’il avait très vite peur et elle faisait exprès de lui raconter cette histoire alors qu’ils arrivaient déjà à la place de l’Orange. À la vue de l’eau orangée qui s’écoulait de la fontaine en pierre bleue, le garçon avait déjà oublié la légende. Encouragé par le panneau qui expliquait l’origine de la couleur de l’eau, Mathieu s’assit sur le bord de la fontaine et trempa sa main dans l’eau au parfum fruité. L’enfant adorait les agrumes et la petite gorgée qu’il but le remplit de joie. Sans pulpe, sans pépin, cette eau de fontaine était un pur délice.

Comme il s’en doutait, Lisa ne faisait déjà plus attention à lui. Dans la cour de l’école qui se trouvait au bout du chemin, des enfants jouaient au basket. Lisa qui avait 10 ans, mais qui en paraissait 12 ou 13 tellement elle était grande, adorait ce sport et c’était donc presque automatiquement qu’elle s’était dirigée vers ce groupe de basketteurs en culottes courtes. Mathieu, qui connaissait sa sœur sur le bout des doigts attendit cependant encore un instant assis sur le rebord de la fontaine que Lisa se retourna une dernière fois pour lui faucher compagnie. Dès qu’elle eut franchi la grille de la cour de l’école, il disparut silencieusement et partit découvrir le reste de la place tout seul, comme un grand. Il avait beaucoup de difficultés à se repérer dans le temps et dans l’espace, mais Mathieu avait cette innocence de l’enfant insouciant. Ce qui comptait pour lui, c’était l’instant présent. Il mémorisa quand même l’emplacement où il retrouverait sa sœur plus tard. Il venait de la fontaine, qui se trouvait presque au milieu de la place. Il y avait cet arbre gigantesque qui était juste à côté et qu’il ne pouvait pas louper ; pour Mathieu, cet arbre devait être visible même depuis sa maison tellement ses branches étaient immenses. Ces branches démesurées chapeautaient une demi-douzaine de bancs en bois. Ces bancs, toujours occupés, il devait pouvoir aussi s’en souvenir. Il n’y en avait pas un de couleur identique. Même s’il avait a peur de l’inconnu, des gens qu’il ne connaissait pas, des endroits dont il ne maîtrisait pas chaque détail, l’enfant se sentait bien ici, c’était calme, il n’y avait pas des avions qui pétaient ses tympans dix fois par heure, ni des trams qui grinçaient et qui criaient à chacune de leur arrivée en perçant ses oreilles.

Mathieu avançait tout doucement, aussi silencieusement qu’une petite souris. Ce n’était pas très difficile pour lui de ne pas se faire remarquer, il était tout mince, tout discret, et savait se fondre dans le paysage mieux que personne.

Il passa à côté du puits sans même s’en rendre compte. Il n’avait jamais vu de puits de sa courte vie. Il pensait que c’était un trou sans fond, donc ce truc rond en pierre qui sortait du sol et qui était – mal – fermé par une simple et légère plaque en bois, n’était pas un puits pour lui. Il prit le trottoir opposé à l’école et avança sans courir pour s’enfoncer dans une petite ruelle sombre. Il ne rencontra personne, pas même un chat libre, et commença à ressentir une petite boule au fond du ventre. La ruelle était vraiment étroite, les maisons étaient espacées d’un seul mètre, et même si elles n’étaient pas très grandes, les toits en pente étaient légèrement inclinés vers l’intérieur de sorte qu’il ne restait presque plus d’espace pour que le soleil puisse illuminer cet endroit. Mathieu voulut faire demi-tour, mais quand il se retourna, il vit deux chemins différents. Il ne savait pas par quel chemin il était venu. Il avait soudain très chaud et l’hésitation lui fit perdre ses moyens. Les larmes commençaient à déborder de ses petits yeux et il partit en tournant le dos aux deux chemins. Il savait courir longtemps de la sorte, s’il ne pleurait pas. Au bout de plusieurs centaines de mètres, la ruelle tournait légèrement pendant un petit moment. La rue s’élargissait, tournait brusquement à gauche, puis encore une fois à droite. Au final, il vit une lumière, des maisons moins nombreuses, moins hautes et la rue terminait pour déboucher sur la place de l’Orange ! Il n’avait pas compris comment il était revenu au point de départ, mais cela lui était bien égal. Il avança un peu plus, en marchant, et chercha sa sœur dans la cour de l’école. Il la vit manquer un panier de peu. La balle rebondissait près de la grille et Mathieu tourna vite la tête histoire de ne pas croiser le regard de Lisa. Elle fit semblant de ne pas le connaître et ne lui proposa pas de la rejoindre. Le rythme de son petit cœur ralentit. Les mains dans les poches, il retourna sur la place en passant devant une boulangerie dont la porte fermée. Le garçon savait lire depuis l’âge de 4 ans, mais il ne lisait que ce qu’il voulait bien et quand il le voulait bien. Il ne s’arrêta donc pas pour connaître les heures d’ouverture de la boulangerie, pourtant, il aurait dû, car celle-ci n’ouvrait qu’un jour par semaine, le jeudi ! Juste à gauche de l’Impasse des Mésanges, il retrouvait donc le puits, mais cette fois-ci, il venait d’un autre côté et vit le panneau avec le sigle interdit. Ça, ce panneau, il le connaissait fort bien. Il avait peinturluré la porte de sa chambre avec un grand rond rouge et cette barre horizontale blanche en son milieu. Il ne faisait jamais les choses à moitié et avec cette couleur vive sur sa porte, il était certain que sa sœur ne le manquerait pas, elle n’aurait plus aucune excuse pour dire qu’elle ne l’avait pas vu. Pas besoin de lire pour comprendre… sauf que tout le monde savait que les enfants étaient toujours attirés par les interdits. Mathieu avait beau être un enfant pas comme les autres à cause de son QI élevé et de tout ce qui allait avec, il n’en restait pas moins un enfant. Sur le panneau devant lui, il s’arrêta et lu. Comme à son habitude, il lisait trop vite, se trompait de mot une fois sur trois et ne retenait que ce qu’il en avait décidé : puits fermé.

— C’est un puits ? C’est LE puits ? s’interrogea-t-il.

Ces mots, il les avait grommelés entre ses dents et lui seul les avait entendus. Instinctivement, il recula d’un pas. Dans sa tête, les mots de sa sœur raisonnaient à nouveau. Il n’avait pas 9 ans, il en avait 8, mais il était blond comme lui, comme cet enfant qui avait disparu. Sans se poser plus de question, il marcha à reculons et finit par prendre ses jambes à son cou pour retrouver sa rue, sa maison, sa chambre, son premier refuge. Qu’est-ce qui lui avait prit de croire qu’il pouvait trouver un endroit sécurisant sur cette place pleine de monde qu’il ne connaissait pas et pleine de mystères ? Sa chambre lui convenait très bien pour le moment, certes, elle était un peu plus petite que la précédente, mais elle était tout en haut de la maison, plus de sœur pour l’ennuyer à frapper contre le mur pour voir s’il était réveillé, plus de voisins au-dessus de sa tête pour l’empêcher de trouver le sommeil. Il ne manquait plus que sa maman pour le consoler et le rassurer et il allait pouvoir retrouver sa sérénité. Bientôt. Oui bientôt, se promit-il.

Évidemment, il ne prit pas le chemin le plus court pour rentrer chez lui. S’il avait bien une mémoire exceptionnelle, celle-ci retenait surtout les chiffres et les détails qui paraissaient aux yeux des autres, même de ses parents, sans grande importance. Passer devant cette maison de repos joyeuse ou cette épicerie tenue par un étrange monsieur ne le surprenait pas. Par contre, les quatre croix qu’il apercevait au coin du trottoir opposé, ça oui ! Après ce cimetière pour animaux, il savait qu’il allait voir une autre croix, bleue, juste après, c’était le seul vétérinaire du coin. Et sur ce même trottoir, il allait passer devant une maison tout à fait ordinaire, mais sur laquelle la silhouette d’une enveloppe était dessinée en filigrane sur le haut de la porte. C’était la maison du facteur, ou plutôt de la factrice, sa voisine de gauche. Il lut quand même le chiffre de sa maison pour s’assurer qu’il s’agissait bien de la sienne, après tout, cela ne faisait que 30 jours qu’il était ici, soit 696 heures. 690 heures pour être précis, il devait enlever six heures, car ils étaient arrivés vers la fin de la matinée, et qu’il n’avait dormi que 29 fois. Il n’eut pas le temps de sonner qu’il vit Lisa venir en courant et lui crier dessus comme s’il était du poisson pourri !

— T’étais où ? Je t’ai cherché partout ! T’as pas intérêt à me refaire un coup pareil. Papa aurait pu me tuer si j’étais rentrée sans toi. Heureusement que maman n’est pas encore revenue, tu l’aurais fait pleurer.

Ça le faisait sourire quand il voyait sa sœur s’énerver de la sorte. Elle devenait toute rouge et ses yeux se rétrécissaient. Plus, elle s’énerva, plus il se marra. Inconscient des risques ou des dangers qu’il risquait en se perdant, Mathieu haussa les épaules et sonna à la porte de leur maison, sans répondre à sa sœur. La dernière phrase de Lisa l’avait quand même blessé. Il n’aimait pas voir sa maman pleurer. Il voulait qu’elle rentre, elle lui manquait terriblement.

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